Discours du bâtonnier








télécharger 142.26 Kb.
titreDiscours du bâtonnier
page1/4
date de publication12.07.2017
taille142.26 Kb.
typeCours
ar.21-bal.com > droit > Cours
  1   2   3   4


ACADEMIE DES SCIENCES D’OUTRE MER
15 RUE LA PEROUSE

75116 PARIS
-------------

CEREMONIE D’ACCUEIL, D’INSTALLATION ET DE REMISE DES INSIGNES DE

MEMBRE ASSOCIE
AU
BÂTONNIER TITINGA FREDERIC PACERE
Avocat, Bâtonnier, Ecrivain, Dignitaire des Coutumes d’Afrique

(Burkina Faso)
----------------------------------

DISCOURS DU BÂTONNIER

TITINGA FREDERIC PACERE
PARIS LE 23 MARS 2010


  • Monsieur le Président de l’Académie des Sciences d’Outre Mer,




  • Monsieur le Secrétaire Perpétuel de l’Académie,




  • Eminents Membres de l’Académie, Chers Consoeurs, Chers Confrères,




  • Excellence Monsieur l’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Burkina Faso Près la République Française, (S.E. Beyon Luc Adolf Tiao), représentant son Excellence Monsieur le Président du Faso, Chef de l’Etat ( Mr Blaise COMPAORE ), Son Excellence Monsieur le Premier Ministre ( Mr Tertius ZONGO);




  • Excellences Messieurs les Consuls Honoraires du Burkina Faso Près la République Française avec Résidences à Nice, et à Lyon.




  • Monsieur le Bâtonnier Barthélemy KERE, Ancien Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Burkina Faso arrivé ce matin de Ouagadougou pour la présente Cérémonie, et Cher « FILS »




  • Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats Près la Cour d’Appel de Paris, et Monsieur le Secrétaire Exécutif de la Conférence Internationale des Barreaux de Tradition Juridique Commune ( C.I.B.) regroupant l’entièreté des BARREAUX Francophones de la Planète, (Bâtonnier Mario Stasi), Représentés tous ici par les Eminentes Consoeurs et Eminents Confrères du Conseil de l’Ordre des Avocats à la Cour d’Appel de Paris,




  • Monsieur le Président de AVOCATS SANS FRONTIERE FRANCE, Me François CANTIER, et Honoré Ami, arrivé ce jour de Toulouse pour la présente Cérémonie,




  • Monsieur le Président et Monsieur le Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Arts, des Lettres et des Sciences de Languedoc,




  • Monsieur le Représentant de Madame la Présidente du CERCLE RICHELIEU SENGHOR DE PARIS,




  • Monsieur le Représentant de Monsieur le Grand Maître du GRAND ORDRE DE ROCAMADOUR,




  • Monsieur le Président de la SOCIETE DES AFRICANISTES,




  • Monsieur le Délégué Général du Mouvement International ATD-QUART MONDE,




  • Mesdames,




  • Messieurs,




  • Honorés Invités,




  • Chers Compatriotes,




  • Chers Amis


Monsieur le Président de l’Académie

Monsieur le Secrétaire Perpétuel,
C’est pour moi, un insigne honneur, d’avoir été pressenti et admis en cette prestigieuse Académie Française des Sciences d’Outre Mer, des tréfonds de l’histoire de France, reposant sur la construction des temps, par des recherches, « des études sous leurs aspects variés et notamment scientifiques, politiques, économiques, techniques, historiques, sociaux et culturels, les questions relatives aux Pays situés au-delà des mers, et d’associer à cet effet, des personnalités françaises et étrangères compétentes, dans un esprit de complète objectivité et d’entier désintéressement ». 
Je suis sorti des fonts baptismaux et pétrifié des profondeurs de l’Afrique Ancestrale qui enseigne que les premiers cris de l’enfant sortant du sein de la mère pour être membre de la terre, sont de paroles de considération et de gratitude ;
Je suis né sous les rythmes des tambours parleurs de ce Continent, l’Afrique où la parole est de proverbes :
« Kiib bend leongo, “La gibecière de l’Orphelin,

Pa têed mugna, N’espérait pas contenir de jujube,

Wa Elle se trouve remplie à souhait,

Suiid ligdi” . De sommes d’argent ».

La Parole est toujours et s’impose de proverbes de l’Afrique :
« Pôor “Le Paralytique accède,

Duud koang, Au faîte d’un rônier !

Bee a puus, Sa gratitude,

Bee a puus a teend Sa gratitude sans fin,

Beoogo” Aux bâtisseurs qui l’ont promu” ;
La Parole, ma Parole s’impose et toujours de proverbes des Tam-tams ;
L’homme ne peut être son propre architecte ; dans mon Pays, les Tam-tams du message enseignent de leur écriture :
« Koom zoeta, « L’eau coule toujours sur,

Begd zugu ». De la boue ».
Et
« Viuugo, «  L’homme ne s’adosse pas,

Pa reled ye ». Au néant »

Au début de la Parole, je voudrais tout d’abord avoir une pensée pour des Aînés qui ont devancé, et, une Pensée pour des Aînés, pour des Pères Tutélaires qui continuent de me guider et de m’accompagner :
En 1976, je faisais sortir cette année-là, 5 ouvrages dont 3 recueils de Poésie aux Editions de Monsieur Pierre Jean Oswald de Paris, éditeur qui nous a depuis, quitté ;dès lors, dès lors, milles et milles pensées de l’homme :


  • Refrains sous le Sahel,

  • Ça tire sous les Sahel,

  • Quand s’envolent les Grues Couronnées ;


Cet éditeur envoya ces Recueils pour le Concours du Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire appelé le Goncourt Africain, de l’Association des Ecrivains de Langue Française (ADELF) dont le Président était le Professeur Robert Cornevin, par ailleurs, Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Sciences d’Outre Mer ; il n’existait pas d’enseignement de Littérature africaine à l’époque ; je n’avais reçu aucun enseignement du genre, aucune influence ; ma plume était simplement ma plume ; je n’ai pas reçu le Prix, auquel d’ailleurs je ne m’attendais pas, ne le connaissant pas et les oeuvres ayant été soumises par mon Editeur à mon insu ; c’était mes premiers écrits de vie, il ne pouvait pas me venir à l’esprit, de penser à une Distinction.
Quelques années plus tard, je fus surpris de la visite en mon Cabinet à Ouagadougou, qui était de passage dans le cadre d’une Mission de la France qu’il exécutait en Haute Volta (actuel Burkina Faso), du Président Robert Cornevin de l’ADELF ; il m’apprenait en Confidentiel et je tombais à la renverse, que mes 3 ouvrages étaient arrivés en tête des sélections du Prix de l’ADELF avec l’œuvre d’un autre écrivain, mais que le Prix ne me fut pas attribué pour des raisons qui ne relevaient, ni de la Littérature et de la qualité des oeuvres, ni de la réglementation du Prix et s’en était expliqué ; je l’approuvai dans la démarche du Jury ; il m’encouragea à écrire car, ma plume était d’une facture et que lui-même ne comprendrait pas que je ne reçoive pas ce Prix les toutes prochaines années, si, ma production dans cette lignée se poursuivait ; je ne savais pas que ma plume avait une valeur à connaître une quelque consécration  ; je n’écrivais en effet que pour moi-même et ne pensais, et n’espérais à rien d’autre ; mais, l’échiquier apparaît désormais autre, avec ces encouragements du Président même de l’Association des Ecrivains de Langue Française, d’autant plus que dès la sortie de ces ouvrages, j’avais reçu une lettre datée du 1er Octobre 1976 du Président Poète Léopold Sédar Senghor futur Membre de l’Académie des Sciences d’Outre Mer et de l’Académie Française qui me disait ceci :
« Vos recueils de Poèmes, en particulier, sont d’une facture originale et la force de votre verbe où se manifeste la puissance créatrice de notre terre africaine, m’a séduit ; je note l’usage que vous faites du rythme fondamental de nos Tam-tams. »
Je devais donc répondre de la considération et de la foi de ces sommités du monde et de la Culture qui croyaient en moi.
En 1982, je faisais sortir des Editions SILEX de Paris, 2 ouvrages de Poésie (mes 7ème et 8ème livres) :


  • La Poésie des Griots,

  • Poème pour l’Angola,


Qui devaient être couronnés par le Grand Prix de l’ADELF en 1983, par le Président Robert Cornevin lui-même; après m’avoir remis le Prix, il m’amena le lendemain ici même à l’Académie des Sciences d’Outre Mer lors d’une Assemblée Générale de l’Académie ; en me présentant, il présenta lui-même mes œuvres et me dit que si mon ardeur se poursuivait avec une telle qualité et une telle abondance, l’Académie, certainement, m’ouvrira ses portes ; il devait vous quitter, il devait nous quitter.
Dans mon Pays, les Tam-tams de la Parole se sont ainsi, exprimés :
« Wênd, « Que Dieu,

Wênd Que Dieu

Maag Tênga, Apaise la terre

Pînd, Pour,

Burkîn yînga ». Les Intègres qui devancent ».

Ma plume ne s’arrêtera plus ; le Professeur Edmond Jouve prit la place du Président Robert Cornevin à la tête de l’ADELF ; je devais être appelé à être de la collaboration et dans le Jury du Grand Prix Littéraire de l’Afrique Noire, auprès du Professeur Président, plus d’une décennie durant et devais recevoir entre temps en raison des travaux pluriels et de la plume, (je suis aujourd’hui à 50 livres), la première Médaille d’Honneur de l’Association des Ecrivains de Langue Française du Continent africain.
Merci, Merci Professeur Président de l’ADELF ; nous aurons appris, vécu, affirmé les vertus et le sens de la fraternité entre les peuples et les hommes, de Continents différents, de formations différentes, de Civilisations différentes ; en fait, c’est cela qui devait être le sens de l’histoire ; une terre sans frontière ; une Patrie plurielle mais de l’Universel.
Merci, Merci Professeur Edmond Jouve, qui présida aux destinées de l’Académie des Sciences d’Outre Mer, Merci pour l’Eloge, Merci pour tous les mots de définition de cet homme pour l’histoire des Hommes, l‘histoire de l’Académie, l’histoire glorieuse du Pays de l’homme.
Merci, Monsieur le Président de l’Académie (Vice Président, Président par Intérim), Excellence Monsieur Paul BLANC ; Ancien Ambassadeur de la République Française, près mon Pays, la Haute Volta aujourd’hui Burkina Faso ; deux évènements d’analyse commune auront marqué nos 2 vies ; une année tout d’abord, 1973, la pire des calamités de la sécheresse, de la famine ayant entraîné des morts a frappé le Sahel africain dont relève mon Pays à m’avoir contraint à arrêter mes Etudes en France et à rejoindre la famille pour luttes avec les populations éplorées, contre ce drame ; votre livre, « Le Prince et le Griot », sur cette calamité, analysant les Cultures des peuples dont en exergue, les Mossé de ce Pays et l’importance à leur accorder pour réelle construction et plein développement, a fait de vous, un Ambassadeur aussi de l’Afrique devant l’Afrique et devant le monde. La Culture et la passion de sa défense, autre évènement à nous avoir unis, vous le savez ici, dans ce Pays que vous avez servi, est de construction de l’homme par des langages qui ne sont pas souvent de la Parole et de l’Ecriture ; à vos côtés, en terrain dès lors, connu et de parfaite compréhension de l’Académie, notre espoir est d’ajouter de la terre à la terre.
Merci, Monsieur le Secrétaire Perpétuel de l’Académie, Professeur Gilbert Mangin  (Secrétaire Perpétuel sortant); je me rappelle comme si c’était hier ; vous dirigiez une forte Délégation d’une vingtaine d’Académiciens de notre Académie le 19 Septembre 1995, pour visiter mon Musée, le Musée de Manéga au Burkina Faso ; le séjour, vous me l’avez dit, et la quinzaine de Messages que les illustres Membres de l’Académie ont laissée dans le Livre d’Or l’atteste ; il vous souviendra que l’accueil ne fut pas à votre arrivée, mais, à votre départ ; pour cette singularité, rappelez-vous, vous étiez venus en Hélicoptère ; la première fois que cet engin survolait les airs de Manéga ; la forte population qui attendait compact depuis le 2ème chant du coq soit, depuis 4 heures du matin (5 heures avant votre arrivée), a pris la fuite à l’arrivée vertigineuse de cet engin de fer, mais qui pouvait voler  et qui tombait du ciel ; et je fus seul, avec le Chef de Manéga à vous accueillir en attendant que la population dense vous attende à la sortie de la visite. Merci des mots aimables du Livre d’Or et de m’avoir publiquement invité, ce jour-là, à préparer un jour un dossier pour l’Académie.
Merci, Monsieur le Secrétaire Perpétuel de l’Académie, Pierre GENY ; je relis simplement ce jour, votre adresse à moi sur le livre d’Or du Musée, à la page 80, à votre passage dont je faisais état tantôt (19 Septembre 1995) ; je vous cite :
« (Maître),

La nature, la mystique africaine est ici, un foisonnement ;

Elles invitent à la réflexion, à remettre à plat des idées préconçues sur l’Afrique ;

Bravo ! Faites connaître au plus grand nombre, ce florilège.
Pierre GENY ».
A tous, illustres Membres de cette Académie qui m’accueille,
A mon propre Pays, le Burkina Faso, à Son Excellence Monsieur le Président du Faso, Chef de l’Etat, (Mr Blaise Compaoré), à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre (Mr Zongo Tertius), qui m’ont tous, honoré, en m’adressant leurs félicitations, et considérant mon admission à l’Académie comme un honneur fait au Pays tout entier,
A ma Famille, à Manéga, à mes Amis, à mes Confrères de toutes activités, à mes fidèles Collaborateurs lesquels sont avec moi depuis souvent plus d’une trentaine d’années, artisans quotidiens, immédiats, discrets, dévoués, infatigables et sans réserve de l’homme,
Que puis-je dire, ce jour ?

Dans ma Civilisation de l’Afrique profonde, la Parole reste des Tam-tams et de la Parole du silence des hommes :
« Zom “Si la farine

Pid noor Remplit la bouche

Tôt Elle empêche,

Mogbo » La consommation »
L’homme, en une telle circonstance, par la Parole, a toutes les chances de s’étouffer ;
Il ne doit dire et ne peut dire qu’un seul mot :
« BARKA »,
Qui signifie dans ma langue nationale du Burkina Faso,
« MERCI » :
Je prends l’engagement de toutes dispositions pour être de l’honneur de l’Académie, de la défense de ses idéaux et, de son auréole.
Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire Perpétuel,
Tout au long de ce début de mes propos, un mot est régulièrement revenu, un mot est régulièrement interpellé ; ce mot : la « PAROLE ».
J’ai pensé qu’il pouvait être d’utilité et d’originalité pour contribution à la saisine de sciences d’Outre Mer, à la saisine de principes d’expression, de communication entre des hommes, entre eux et leurs devanciers, de principes d’expressions d’originalité profonde qui persiste, d’aborder ce jour, en entrant à l’Académie, un thème singulier, peut être inattendu, mais incontournable d’intérêt, fondamental pour un Peuple de l’Outre Mer, mais aussi d’importance historique, vecteur de valeurs philosophiques, littéraires, scientifiques, à caractères souvent de quêtes, universelles :
« LES LANGAGES NON ECRITS ET NON PARLES DE L’AFRIQUE : LE LANGAGE DES TAM-TAMS ET DES MASQUES DES MOSSE AU BURKINA FASO » :
  1   2   3   4

similaire:

Discours du bâtonnier iconA l’attention de Madame Christiane Taubira, Ministre de la Justice et des libertés
Dans les barreaux qui comprennent plus de seize avocats disposant du droit de vote, ne peuvent être élus aux fonctions de bâtonnier,...

Discours du bâtonnier iconI. ale dialogue ou la double médiatisation du discours I. A. 1Absence de discours commentatif
«je» puisque chaque personnage perle à la première personne, interdit toute possibilité d’autobiographie. (Mch)

Discours du bâtonnier iconEssai de Sémiotique Préventive
«Ne pas aller du discours vers son noyau intérieur et caché, vers le cœur d’une pensée ou d’une signification qui se manifesteraient...

Discours du bâtonnier iconDiscours de réception

Discours du bâtonnier iconDiscours de réception

Discours du bâtonnier iconDiscours de la méthode

Discours du bâtonnier iconDiscours de clôture du séminaire

Discours du bâtonnier iconDiscours de m. Le président de la république

Discours du bâtonnier iconDiscours de Mme la Ministre

Discours du bâtonnier iconDiscours auxquels IL a donné lieu a








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com