A. E. Van Braam houckgeest








télécharger 3.11 Mb.
titreA. E. Van Braam houckgeest
page3/78
date de publication02.07.2017
taille3.11 Mb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > droit > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   78




VOYAGE

DE L'AMBASSADE DE LA

COMPAGNIE DES INDES HOLLANDAISES,

VERS L'EMPEREUR DE LA CHINE,

dans les années 1794 & 1795

@

2 avril 1794.

p1.001 Le 2 avril 1794, à midi, je reçus la visite du namheuyun de la ville de Quang-tcheou-fou (ordinairement nommée Quang-tong & par les français Canton), qu'accompagnait le négociant Monqua, chef du Cohang. Après les premières civilités, ce mandarin, interprété par Monqua, m'annonça qu'il était envoyé par le tsong-tou, qui désirait savoir si la Compagnie des Indes hollandaises n'adopterait pas l'idée d'envoyer à Pe-king, un député pour y féliciter l'empereur, à l'occasion de l'anniversaire de son avènement au trône que sa majesté allait célébrer pour la soixantième fois. Il ajouta que les p1.002 Anglais, ainsi que les Portugais établis à Macao, avaient manifesté l'intention de prendre part à cet événement remarquable, & que la nation hollandaise, étant l'une des premières établies à la Chine, le tsong-tou verrait avec une véritable satisfaction que la Compagnie eût un représentant à cette solennité. Je pouvais même, dans l'opinion du namheuyun, aller à Pe-king en qualité d'envoyé, pourvu que j'obtinsse de mes supérieurs immédiats des lettres de créance, des adresses de félicitation pour l'empereur, & des recommandations auprès du tsong-tou.

J'exprimai combien j'étais reconnaissant de cette ouverture bienveillante du tsong-tou. Je parlai d'une occasion qui s'offrait heureusement pour que je la communiquasse à MM. les commissaires-généraux, arrivés récemment de Hollande à Batavia, & de ma persuasion que le désir du tsong-tou s'accomplirait.

Le namheuyun demanda à quelle époque je pourrais recevoir une réponse ; je répondis qu'il suffisait de cinq mois, & qu'il n'en faudrait pas plus de sept, s'il devait venir un envoyé, pour qu'il arrivât à Macao.

Alors il me marqua toute sa joie, & me recommanda d'user de la plus grande diligence dans l'exécution de ma promesse, dont il allait prévenir le tsong-tou. Il me chargea expressément de recommander cette mesure aux grands seigneurs de Batavia, & de les presser de l'adopter sans délai. Je l'assurai à plusieurs reprises de tout mon zèle.

Le mandarin m'observa que le voyage de Pe-king devait avoir lieu au mois de mars 1795.

p1.003 L'objet de la mission du mandarin vers moi, se trouvant ainsi rempli, il se leva, après avoir accepté un verre de vin de Constance, & lorsqu'il se retira avec un air qui peignait sa satisfaction, je lui donnai toutes les marques d'honneur en l'accompagnant jusqu'à son palanquin

Deux bâtiments appartenant à des particuliers de Bombay, & commandés par les capitaines Richardson & Douglas, se trouvaient encore dans la rade de Vampou qu'ils devaient quitter, sous quinze jours, pour retourner à Bombay, en passant par Batavia. Je saisis cette occasion propice pour informer leurs Excellences les commissaires-généraux, de l'invitation que j'avais reçue. Je leur écrivis en conséquence une dépêche détaillée, dont la copie se trouve sous la lettre A, au nombre des pièces justificatives que j'ai cru devoir joindre à cet ouvrage.

Messieurs les commissaires-généraux, ayant reçu ma dépêche, arrêtèrent qu'ils enverraient une ambassade, & monseigneur Isaac Titsing, l'un des conseillers ordinaires du Grand-Conseil des Indes hollandaises, fut la personne qu'ils choisirent pour aller à Pe-king en qualité d'ambassadeur.

17 juillet 1794.

Je reçus, le 17 juillet 1794, l'avis de cette nomination, par un petit bâtiment anglais venant de Batavia, qui m'apporta une lettre de l'ambassadeur lui-même, où il m'annonçait que je devais être employé en second dans l'ambassade. Je me hâtai de faire savoir, de Macao, ces nouvelles aux négociants hollandais de p1.004 Canton, & de les engager à les communiquer au tsong-tou, afin que les dispositions nécessaires pour la réception de Son Excellence pussent être faites. Peu de jours après, ils me répondirent que le tsong-tou, le fou-yuen, le hou-pou et les autres mandarins avaient appris la nomination d'un ambassadeur avec une grande joie ; qu'on avait donné des ordres pour qu'il fût reçu avec toutes les marques de distinction, & que j'étais prié d'expédier, sans perdre un seul instant, un exprès de Macao à Canton, dès que je saurais l'arrivée de nos vaisseaux. Ils ajoutèrent qu'on pensait que l'ambassadeur viendrait directement sur le sien à Vampou, où le hou-pou se rendrait en personne pour complimenter Son Excellence, que deux mandarins d'un rang inférieur seraient chargés d'aller féliciter à la tête de tous les négociants cohangistes, à l'entrée de la Bouche-du-Tygre (Bocca-Tygris).

Septembre.

J'attendis jusqu'au commencement du mois de septembre, à Macao, l'arrivée de nos vaisseaux, résolu de partir le dix pour Canton, avec toutes les personnes attachées à la Direction, dont j'étais chef. Nous nous rendîmes en conséquence à bord le neuf.

Dans l'après-midi du même jour, j'appris par un subrécargue américain (M. Olmstead), au moment de son arrivée, qu'il avait été, le trois du même mois, près de Pulo-Condor, à bord de notre vaisseau le Siam, & qu'il y avait conversé avec l'ambassadeur dont il avait une lettre pour moi, M. Olmstead pensait que nos vaisseaux, p1.005 au nombre de quatre, pouvaient arriver sous trois jours à Macao. Mais nos effets étant déjà embarqués, je persistai dans ma détermination d'aller à Canton. Je chargeai le subrécargue Radinel, de rester à Macao, afin d'y complimenter l'ambassadeur à l'instant où il paraîtrait dans la rade, de demeurer à son bord pour l'accompagner à Canton & de saisir toutes les occasions de lui être utile.

10 septembre.

Partis de Macao le 10 septembre, après midi, nous arrivâmes le 12, au soir, devant Canton, mais trop tard pour débarquer. Nous nous rendîmes, le 13 de grand matin à la Factorerie où nous venions d'être devancés par un sapentin, portant l'agréable nouvelle que les quatre vaisseaux de la Compagnie, le Siam, le Washington, le Cigne & le Lis marin, avaient jeté l'ancre près des îles Léma.

Le hou-pou sut le lendemain que nos vaisseaux approchaient de Macao, & le 15 je résolus de partir dans un grand champane pour la Bouche-du-Tygre, afin d'y offrir mon hommage à l'ambassadeur. Le hou-pou m'ayant accordé un chap (passe-port) j'arrivai le 17 vers midi au Château, l'un des forts qui défendent l'entrée de la Bouche-du-Tygre, & à deux heures & demie j'abordai le Siam. J'y félicitai cordialement Son Excellence, qui sut mêler à un accueil très amical, toutes les marques de considération.

Dans l'après dînée, deux mandarins vinrent dire à Son Excellence que les châteaux allaient la saluer. Un instant après, ils firent leurs salves, qui furent rendues par trois volées du Siam, pour chaque Château, conformément à l'usage chinois. p1.006

18 septembre.

Le vent ayant passé au nord le 18, & le vaisseau ne pouvant par conséquent aller d'une manière rapide, je pris congé de Son Excellence avec son agrément, & je partis pour Canton, où j'abordai le 19 vers l'après-midi. J'y fis disposer mes appartements de manière à en faire le logement de l'ambassadeur, & je pris possession de ceux du second de la Direction.

22 septembre.

Enfin le Siam arriva le 22 à Vampou. Le lendemain matin je me rendis à bord, accompagné de tous les membres de notre Conseil, pour offrir en corps nos respects à Son Excellence, & lui exprimer la joie que nous causait son arrivée. Nous repartîmes pour la Factorerie dans l'après-midi, laissant sur le vaisseau trois députés de notre Conseil pour accompagner l'ambassadeur jusqu'à Canton, où il devait se rendre après la visite du hou-pou, fixée au lendemain.

24 septembre.

Le 24 je retournai encore à bord pour satisfaire au désir de ce mandarin, qui voulait que sa visite me fut commune avec l'ambassadeur.

Il était environ onze heures lorsque le hou-pou se rendit au vaisseau. Je vins le recevoir jusqu'au haut de l'échelle, & je le conduisis dans la chambre où était l'ambassadeur. Il complimenta Son Excellence sur son arrivée, & lui témoigna le plaisir qu'il en ressentait.

Il s'informa ensuite, d'une manière très précise, du motif de l'ambassade, & ayant reçu pour réponse que son unique objet était de féliciter l'empereur sur ce qu'il entrait dans la soixantième année de son règne, il persista encore à demander si Son Excellence s'était chargée d'aucune autre mission. Assuré de nouveau que non, p1.007 il répéta qu'au cas où il y aurait quelque chose à proposer à Sa Majesté Impériale, de quelque nature que ce pût être, il fallait le faire savoir auparavant, parce que la cour devait en être préalablement informée. On répéta pour la troisième fois qu'il ne s'agissait absolument que d'offrir des félicitations à l'empereur & quelques présents. Il exigea alors la parole solennelle de l'ambassadeur & la mienne, avec serment sur notre honneur, que nous lui disions la vérité, & nous déférâmes à son vœu.

Ensuite il demanda à voir la dépêche adressée à Sa Majesté Impériale. Son Excellence lui en présenta une copie que le mandarin ne jugea pas telle qu'elle devait être, & qu'il trouva d'un extérieur beaucoup trop simple. Informé d'ailleurs que l'original renfermait de plus une traduction en chinois, il désira qu'on lui en laissât décacheter l'enveloppe, pour qu'il pût connaître le contenu de la lettre & indiquer les changements qui y étaient nécessaires ; assurant l'ambassadeur que c'était une chose indispensable & une vraie nécessité que d'en communiquer d'avance le contenu à l'empereur.

Son Excellence fit répondre qu'elle espérait que le hou-pou voudrait bien rectifier tout ce qu'il croirait en avoir besoin, & lui donner tous les renseignements dont il manquait ; qu'elle mettait en lui la confiance la plus entière ; qu'elle le laissait maître de décacheter la dépêche ; qu'à l'égard de la traduction faite en langue chinoise à Batavia, Son Excellence osait si peu en garantir la fidélité, qu'elle prenait même cette occasion de solliciter qu'on en fit faire une meilleure.

Le hou-pou ouvrit la lettre, en examina la forme & en promit p1.008 une autre traduction que celle qu'il lut. Il proposa ensuite d'emporter sa dépêche pour la faire voir au tsong-tou, promettant de la faire remettre à Son Excellence par le négociant Paonkéqua, avec des instructions sur les changements qui auraient été jugés nécessaires.

Après cette conversation qui dura au moins une demi-heure, le hou-pou accepta un verre de vin de Constance, se leva & prit congé ; non sans nous dire qu'il avait l'intention de partir sous peu pour Pe-king, & qu'il espérait y revoir Son Excellence & moi à la cour, jouissant d'une santé parfaite. Je le reconduisis jusqu'à l'échelle où les civilités se renouvelèrent encore ; il partit après avoir fait mettre à bord du Siam, pour l'ambassadeur, un présent consistant en plusieurs pièces de bétail, en fruits & en autres provisions de bouche.

Aussitôt que le hou-pou eut quitté le vaisseau, je pris aussi congé de Son Excellence & j'allai à Canton pour l'y recevoir dans la Factorerie avant le dîner ; l'ambassadeur ayant refusé, avec la plus grande honnêteté, l'offre que le hou-pou venait de lui faire de l'envoyer prendre le lendemain avec pompe dans de grands champanes.

Il y avait peu de temps que j'étais à terre, lorsque l'ambassadeur arriva dans sa chaloupe, accompagné des membres du Conseil qui étaient restés auprès de lui comme députés, & suivi par les chaloupes, des trois autres vaisseaux mouillés le matin du même jour à Vampou, & dans lesquelles se trouvaient les quatre capitaines.

J'allai, ainsi que tous les autres membres de la Direction, recevoir Son Excellence à l'escalier donnant sur la rivière, & je la p1.009 conduisis dans la salle du Conseil, où je lui offris la place de président. Je lui adressai ensuite un compliment accompagné de tous les témoignages de respect, & les membres du Conseil imitèrent mon exemple. Son Excellence nous répondit d'une manière très analogue à la circonstance, & après qu'elle eût resté assise un moment, je lui proposai de la conduire aux appartements qui lui étaient destinés, ce qu'elle accepta, puis nous en sortîmes pour aller nous mettre à table, & le cérémonial de cette journée se trouva ainsi terminé.

Je devrais avoir dit que le 22 septembre, le fou-yuen avait envoyé deux mandarins avec trois négociants de Canton à bord du Siam, pour y visiter l'ambassadeur de sa part & de celle du tsong-tou, qui se trouvait hors de Canton dans ce moment, & lui marquer le contentement que causait sa venue dans l'empire chinois.

Ce fut aussi le 24 que le tsong-tou revint d'un voyage qu'il était allé faire dans la province de Quang-si, soumise, comme celle de Quang-tong, à son administration. Mais, le fou-yuen étant forcé de partir le même jour & d'aller examiner à deux ou trois journées de distance, les dommages occasionnés par une inondation, cette absence imprévue décida le tsong-tou à dépêcher, le lendemain, deux mandarins principaux vers l'ambassadeur, pour lui apprendre qu'il se trouvait empêché, par cette circonstance, de lui donner audience.

25 septembre.

Le tsong-tou envoya le 25, à Son Excellence, deux bœufs, p1.010 quatre moutons, quatre porcs, dix oies, dix canards, dix poules, deux petites caisses de thé de Sou-chong de 25 catis chacune (31 livres un quart, poids de Marc), deux barils de chandelles rouges, & seize demi-sacs de riz.

26 septembre.

Les agents des nations étrangères, qui étaient déjà de retour de Macao à Canton, étant venus faire à l'ambassadeur leur compliment de félicitation sur son arrivée, Son Excellence rendit, le 26, une visite individuelle à chacun d'eux.

Le même jour, le Sous-namheuyun vint voir l'ambassadeur & lui donna une garde de quatre soldats, afin de maintenir le bon ordre parmi les Chinois devant la Factorerie, pendant le séjour de Son Excellence .

27 septembre.

Le fou-yuen étant revenu de son voyage le 26 à la fin du jour, le lendemain, dans la soirée, le marchand Paonkéqua, second chef ou directeur de la Compagnie des cohangistes, vint annoncer qu'à la suite d'une assemblée du tsong-tou, du fou-yuen & du hou-pou, ces mandarins lui avaient ordonné de faire une traduction de la lettre adressée par les commissaires-généraux des Indes à l'empereur. En conséquence presqu'aussitôt, Ponqua & Pouayqua, membres du Cohang, ainsi que le premier commis de Kiouqua, autre membre de cette compagnie se réunirent à Paonkéqua dans mon appartement, pour mettre en chinois cette lettre que je leur dictai d'abord en anglais ; il était plus de minuit lorsque ce travail se trouva achevé ;

28 septembre.

Le 28, après-midi, il vint encore un mandarin envoyé par p1.011 le tsong-tou pour me demander l'explication de quelques termes de la lettre.

Quant aux présents qui devaient être offerts à l'empereur, au nom de la nation hollandaise l'ambassadeur avait instruit le hou-pou, lors de la visite que ce mandarin lui avait faite à bord du Siam, qu'il n'avait apporté que quelques articles, parce qu'il avait été informé qu'on pouvait en trouver d'autres à Canton même. Il pria donc le hou-pou de vouloir bien l'aider, à cet, égard, en lui indiquant les choses qu'il croirait les plus faites pour plaire à Sa Majesté Impériale, & ce mandarin le lui avait promis. En effet, après que le tsong-tou, le fou-yuen & le hou-pou se furent concertés, ce dernier chargea Paonkéqua de remettre à l'ambassadeur une liste de vingt-quatre articles, que nous serions les maîtres d'acquérir, & dont il était probable que le prix n'excéderait pas la somme à laquelle les commissaires-généraux de Batavia avaient fixé la valeur des présents.

Comme ce moment était l'époque d'une cérémonie annuelle qui donne au tsong-tou & aux autres mandarins du premier rang, de grandes occupations pour plusieurs jours ; savoir l'examen des étudiants & l'inscription qui se fait avec une grande pompe, de ceux qui méritent d'être mis sur la liste des candidats, pour prendre des degrés, l'audience qu'il devait donner à l'ambassadeur fut encore différée.

Dans l'intervalle on fit les changements projetés dans la lettre destinée à Sa Majesté Impériale. Et comme l'on avait marqué beaucoup d'étonnement de ce qu'au lieu d'être, comme la commission p1.012 de l'ambassadeur, sur du parchemin, elle n'avait été écrite que sur du simple papier, je pris, pour remédier à cet inconvénient, une grande feuille de parchemin, sur laquelle je fis peindre une bordure festonnée en fleurs & deux lions debout. Je collai ensuite la lettre sur ce parchemin, ce qui satisfit entièrement pour cet objet.

Une autre difficulté restait, c'est qu'il fallait que cette dépêche fût mise dans une bourse de satin
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   78

similaire:

A. E. Van Braam houckgeest iconOdile, R. C. M. Van ditzhuijzen

A. E. Van Braam houckgeest iconCatalogus van de bibliotheek

A. E. Van Braam houckgeest iconBarent coenders van helpen

A. E. Van Braam houckgeest icon14. 10. 03 Digestif / Dr Van…/ pathologies hépatiques / 1

A. E. Van Braam houckgeest iconChrysler Building, William Van Alen

A. E. Van Braam houckgeest iconGodelieve Van Overmeire the ummo fraud

A. E. Van Braam houckgeest iconMai Van Hien, un artiste au maquis

A. E. Van Braam houckgeest iconG. Dow, Poussin, C. van Sichem, Spranger, Titien

A. E. Van Braam houckgeest iconBruut pas de couleur à l'affiche pour la collection de Ruud van Oosterhout...

A. E. Van Braam houckgeest icon1* aa (Peter van der). Carte du gouvernement de Languedoc. Leide,...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com