A. E. Van Braam houckgeest








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jaune, au-dessus de laquelle serait un dragon brodé en or, & qu'ensuite la bourse fût renfermée dans une boîte entièrement dorée, ayant également un dragon en relief. Je remplis encore cette partie du cérémonial ; de sorte que l'objet principal de l'ambassade se trouva fort en règle, la dépêche ayant été mise dans la bourse, ainsi qu'une liste, écrite sur du satin jaune, des présents que nous devions offrir à l'empereur.

3 octobre.

Le 3 Octobre, Son Excellence reçut la visite des quatre principaux mandarins de la régence de Canton, envoyés par le tsong-tou ; savoir : le pau-tchong-tsu ou grand trésorier, le on-tcha-tsu ou chef de la Justice, le gim-ouan-tsu ou chef des magasins impériaux pour le sel, & le leong-tau ou Premier inspecteur des magasins de riz. Lorsque les compliments d'usage eurent été faits, ces quatre mandarins demandèrent, au nom du tsong-tou, pourquoi l'on avait ajouté à Batavia, à la lettre pour l'empereur, une traduction en chinois ; pourquoi notre monarque n'avait pas p1.013 signé la lettre ; & enfin pourquoi l'on n'y trouvait que le sceau de la Compagnie des Indes hollandaises, sans que le cachet des quatre mandarins (les quatre commissaires-généraux) qui l'avaient signée y eût été apposé.

L'ambassadeur leur donna, avec détail, toutes les explications qu'ils pouvaient désirer & que leur transmettait un interprète. Ils en parurent satisfaits & après avoir pris une tasse de thé & un verre de vin, ils prirent congé de l'ambassadeur.

Il doit naturellement paraître singulier au lecteur, que le tsong-tou ait montré de pareils scrupules sur une ambassade dont l'idée était réellement venue de lui, & qu'il parût chercher des instructions sur ce qu'il ne pouvait pas ignorer. Mais le tsong-tou aurait été un politique maladroit s'il n'avait pas joué l'ignorance, & s'il n'avait pas cherché à donner à cette ambassade, secrètement concertée avec lui, le caractère d'un hommage librement rendu à l'empereur. Il faut savoir d'ailleurs que des malintentionnés avaient pris plaisir à répandre des faussetés, dans la vue de nuire à ce projet. Le tsong-tou était donc obligé d'user de la plus grande circonspection pour ne pas donner d'ombrage aux autres mandarins.

La jalousie & la haine de quelques Européens avaient incité plusieurs marchands chinois à répandre que l'ambassadeur n'était pas envoyé par le chef de la nation hollandaise ; que ce chef n'était pas un roi, que l'ambassadeur n'était pas un grand mandarin, & à semer d'autres bruits désavantageux, il a été bien heureux pour nous que la régence de Canton ait eu du caractère p1.014 national hollandais & de la conduite paisible & mesurée des individus de notre nation, une opinion tellement avantageuse, qu'elle ait assuré le succès d'une ambassade à laquelle on a tant désiré de nuire.

Le tsong-tou ne cessait de témoigner beaucoup d'égards pour l'ambassadeur. Il envoyait chez moi tous les trois ou quatre jours un mandarin qui venait s'informer de la santé de son Excellence & savoir si elle ne manquait pas de quelque chose, afin de le lui procurer.

La traduction en chinois de la lettre que j'avais dictée en anglais, & dont on avait chargé les négociants que j'ai nommés précédemment, fut encore confiée par le tsong-tou, au pau-tchong-tsu & à l'on-tcha-tsu, afin qu'ils lui donnassent un caractère d'élégance & un style assez pompeux pour qu'elle fût digne des regards de l'empereur, pendant que je rassemblais les objets destinés à être offerts en présents, de manière que tout pût être prêt à la première demande.

10 octobre.

Le 10, le hou-pou, le on-tcha-tsu & quatre ou cinq des principaux mandarins, allèrent voir, chez M. Beale, les pièces mécaniques qui se trouvaient à vendre, en grand nombre, dans son magasin ; au sortir de là ils vinrent visiter l'ambassadeur & s'informer de sa santé. Le hou-pou dit à Son Excellence que sous peu de temps la cour de Pe-king saurait son arrivée, & qu'elle pouvait être assurée que tout serait ordonné pour qu'elle pût partir dès que la réponse serait venue de la cour.

11 octobre.

p1.015 Le lendemain, le taytou ou général des troupes de la province de Quang-tong, fit une visite à l'ambassadeur pour le féliciter de son arrivée, & le même jour le marchand Paonkéqua vint prévenir Son Excellence que le tsong-tou ou vice-roi, lui accorderait, ainsi qu'à moi, le treize, une audience publique destinée à la réception de la lettre que nous avions à remettre à Sa Grandeur (le tsong-tou) de la part des commissaires-généraux de la Compagnie des Indes hollandaises. Il ajouta que cette occasion serait saisie pour que nous fissions le salut d'honneur dû à Sa Majesté Impériale, & que la cérémonie serait terminée par un dîner impérial où nous serions régalés avec toutes les personnes attachées à notre Direction dans le jardin de Lopqua, & que l'on nous y donnerait des divertissements & des spectacles.

13 octobre.

Notas nous tînmes prêts en conséquence. Paonkéqua & un lingua (interprète) vinrent, le 13, nous prendre dans la matinée, & un joli champane nous transporta sur l'autre bord de la rivière en face des factoreries & de la ville de Canton, au faubourg nommé Honam, dans la pagode Hauy-tsong-tsi 1, où nous trouvâmes quelques centaines de militaires chinois sous les armes bordant, sur une longueur de plus de deux cents pas, les deux côtés du chemin par lequel nous passions. On plaça les gardes du corps de l'ambassadeur à leur tête.

p1.016 A l'entrée de la pagode même l'on avait dressé une large tente double ; elle couvrait d'un côté le dîner impérial disposé avec ordre, & de l'autre côté, c'est-à-dire à l'est, une espèce de salon garni de tapis & de chaises destinées aux mandarins, à l'ambassadeur & à moi. Ces sièges, placés dans une direction à peu près demi-circulaire, étaient disposés de manière que le tsong-tou, le fou-yuen & le hou-pou, devaient occuper les trois qui étaient comme au centre, & que Son Excellence & moi nous devions être à leur droite, à une petite distance & un peu tournés vers eux, tandis qu'à leur gauche, quatre sièges étaient destinés au pau-tchong-tsu, à l'on-tcha tsu, au gim-ouan-tsu & au leong-tsu.

Lorsque son Excellente & moi, nous arrivâmes vers la pagode, nous trouvâmes, à la droite du chemin, le tsong-tou avec les six autres mandarins. On nous fit passer devant eux & l'on nous mena jusqu'en face d'une espèce d'autel, tapissé en jaune, sur lequel étaient un vase où brûlaient des parfums, & une tablette (chap) où les noms & les titres de l'empereur étaient peints en or ; derrière l'autel était posé, en rond, un paravent jaune.

L'on mit par terre deux coussins pour nous, & l'on nous dit de faire le salut d'honneur à l'empereur. Nous remplîmes cette cérémonie suivant la coutume chinoise. Elle consiste à se prosterner à genoux trois fois ; à saluer à chaque prosternation en baissant la tête trois fois vers la terre, & à se relever tout debout, après chaque troisième inclination de tête, pour s'agenouiller de nouveau. Tous ces mouvements sont dirigés par la voix d'un mandarin qui les règle avec des intervalles mesurés, comme le fait quelqu'un qui commande l'exercice militaire.

p1.017 Lorsque nous eûmes fini, le vice-roi & les autres mandarins s'approchèrent de Son Excellence & de moi, & nous adressèrent les félicitations les plus amicales. De là nous fûmes conduits dans la partie de la tente, où l'on devait s'asseoir & où l'on se mit dans l'ordre que j'ai déjà indiqué. Le tsong-tou s'assit le premier, & l'ambassadeur se couvrit de son chapeau.

Le vice-roi ayant fait quelques légères questions sur le motif de l'ambassade, & ayant reçu des réponses affectueuses, l'ambassadeur lui présenta la lettre dont MM. les commissaires-généraux de Batavia l'avaient chargé pour lui. Il l'ouvrit, lut attentivement la traduction chinoise qui l'accompagnait, montra qu'il était flatté de cette marque d'attention, & fit assurer Son Excellence qu'il contribuerait de tout son pouvoir à ce que le voyage de Pe-king lui procurât toute la satisfaction qu'elle s'en promettait.

Ensuite Sa Grandeur fit demander à l'ambassadeur, s'il serait prêt à partir sans aucun délai, dans le cas où Sa Majesté Impériale désirerait qu'il arrivât à la cour avant la fin de la présente année chinoise, & s'il serait possible qu'il se mît en route dans un mois ou environ. L'ambassadeur fit répondre qu'oui, & qu'il serait prêt à faire le voyage au premier ordre de l'empereur ; ce qui parut rendre le tsong-tou très satisfait.

L'on servit alors une jatte de bouillon avec des nids d'oiseaux, & ensuite une tasse de thé ; après quoi tous les mandarins s'étant levés, & nous aussi, nous les suivîmes de nouveau jusqu'au devant de l'autel où nous renouvelâmes encore, mais conjointement avec les mandarins, le grand salut d'honneur à l'empereur.

p1.018 Cette cérémonie achevée, le tsong-tou vint vers nous & nous invita au dîner impérial, pour lequel nous exprimâmes toute notre reconnaissance. Il ordonna alors à deux mandarins de nous conduire au jardin de Lopqua, séparé du temple ou pagode, par un mur seulement, de nous y bien recevoir & de nous procurer tous les divertissements. Nous prîmes donc congé de Sa Grandeur & des autres mandarins, pour suivre nos conducteurs au jardin, où l'on transporta tout le dîner qui avait été dressé dans l'un des côtés de la tente, & où nous trouvâmes les membres de notre comptoir & les négociants chinois, venus pour prendre part à la fête, qui dura jusqu'à onze heures du soir. Nous retournâmes ensuite à la Factorerie.

14 octobre.

Les subrécargues anglais, de retour de Macao depuis quelques jours, mais qui n'étaient pas encore venus saluer notre ambassadeur, se rendirent chez lui, en corps, le lendemain de l'audience publique du vice-roi, & deux jours après Son Excellence fut voir chacun de ces messieurs en particulier.

MM. les commissaires-généraux ayant envoyé, par un autre vaisseau, un duplicata de la lettre qu'ils avaient écrite à Sa Majesté Impériale, afin que s'il survenait quelque accident à l'ambassadeur, l'objet de l'ambassade pût toujours être rempli par moi ; ils m'avaient adressé aussi en conséquence une commission, par laquelle ils me nommaient à la survivance de l'ambassadeur, & me donnaient, dans ce cas, son caractère, son rang & ses titres. Le tsong-tou jugea utile d'envoyer à Pe-king, par un exprès, ce p1.019 duplicata de la lettre pour l'empereur, après y avoir fait les mêmes changements qu'à la première, qui restait à l'ambassadeur pour qu'il la remît en personne. Le courrier fut expédié le 14 Octobre, au soir, avec ordre de faire cinquante lieues (cinq cents lis par vingt-quatre heures), afin d'arriver en douze jours à Pe-king. Il le chargea en outre d'une lettre pour le Premier ministre, qui, (au témoignage de Pouayqua, qui l'avait lue & qui m'en parla,) était très favorable à notre mission.

15 octobre.

Le lendemain Paonkéqua vint de la part du tsong-tou, annoncer à l'ambassadeur de se préparer à partir d'ici à un mois, parce qu'il était très probable que Son Excellence serait appelée à Pe-king par l'empereur avant la fête du nouvel an, (dont l'époque répondrait cette fois au 21 janvier du calendrier européen), & parce que la réponse de la cour serait arrivée dans cet intervalle d'un mois.

16 octobre.

L'ambassadeur qui avait marqué à Paonkéqua le désir d'aller en ville pour y présenter des hommages au tsong-tou, au fou-yuen & au hou-pou, reçut une réponse favorable, par l'entremise de ce marchand même ; avec cette singularité de la part du vice-roi, qu'il observait qu'il ne lui était pas permis, par les usages de la Chine, de recevoir Son Excellence dans son palais, ni avec autant d'égards qu'il en méritait, & que le tsong-tou aurait de plaisir à lui en rendre. Qu'ainsi, puisque cela ne pouvait pas se faire sans enfreindre les lois & les coutumes de son pays, l'ambassadeur pe devait pas prendre en mauvaise part qu'il se fît excuser par un de p1.020 ses mandarins à la porte du palais, d'autant que l'année précédente, il n'avait pas traité d'une autre manière l'ambassadeur anglais (le Lord Macartney).

19 octobre.

Son Excellence se conforma à cette étiquette, & le lendemain 19 Octobre, nous fîmes ensemble les visites projetées. Nous fûmes portés par quatre porteurs (coulis), & l'interprète qui nous accompagnait, remit aux portes des palais nos cartes de visite. Un mandarin inférieur sortit, & vint, au nom de son chef, témoigner à Son Excellence toute sa sensibilité pour la peine qu'elle avait prise.

Aidé par les négociants chinois cohangistes je faisais réunir les présents, soit pour l'empereur, soit pour le Premier ministre d'État & pour d'autres mandarins de la cour, afin que tout pût être emballé en bon ordre & disposé pour être transporté 1 ; en même temps l'on chargeait les quatre vaisseaux de la Compagnie venus avec l'ambassadeur, en mettant autant d'accélération qu'on le pouvait pour leur prompt retour en Europe.

9 novembre.

Le 9 novembre, le tsong-tou fit avertir Son Excellence, par un mandarin, de se tenir prêt à se mettre en route sous treize jours, le départ étant fixé au 22.

p1.021 Quoique ce fût en quelque sorte un retard de huit jours, puisque l'on avait d'abord arrêté, le 14 Octobre, qu'il faudrait partir un mois après, il paraissait impossible à Son Excellence qu'elle pût être prête à cette époque. Mais je déclarai que pour ce qui avait rapport au chargement des vaisseaux pour l'Europe, tout serait terminé auparavant, & que l'on pourrait conséquemment, regarder l'expédition comme achevée. Je me chargeai même de faire trouver tout ce qui serait utile en provisions particulières pour le voyage de l'ambassade, & j'invitai Son Excellence à mettre de la brièveté dans les dépêches qu'elle comptait envoyer pour Batavia, & à s'en excuser sur des raisons aussi valables puisqu'il était calculé qu'on ne pouvait pas retarder notre départ d'un seul jour, si l'on voulait être arrivé à Pe-king au nouvel an. L'examen de toutes ces possibilités, & les instances affectueuses de Paonkéqua, pour qu'on voulût bien complaire au tsong-tou, firent prendre à la fin à Son Excellence, la résolution de s'engager à partir le vingt-deux, & l'on mit tout en œuvre pour accomplir cette promesse.

10 novembre.

Le 10 novembre, les subrécargues anglais donnèrent à Son Excellence, un repas splendide.

11 novembre.

Le 11 on emballa la plus grande partie des présents, afin de les expédier d'avance, pour n'en être pas incommodé durant le voyage. On mit un cadre doré aux quatre grands miroirs, & on les plaça soigneusement & séparément chacun dans une caisse. Ensuite on fit une machine pour chaque caisse, de manière que p1.022 la glace pût être portée & posée à terre toujours sur un de ses côtés, & que les coulis, en voulant se reposer, ne lui fissent courir aucun risque.

13 novembre.

Le 13 novembre, de grand matin, Paonkéqua, envoyé par le tsong-tou, vint dire à l'ambassadeur que la réponse de l'empereur était arrivée à minuit & qu'elle était conçue dans des termes très favorables ; que Sa Majesté Impériale souhaitait que l'ambassadeur se rendît à Pe-king avant la nouvelle année, afin de lui montrer toute la pompe de sa cour dans cette fête solennelle, de le présenter à tous les princes & à tous les grands de son empire réunis, & pour que Son Excellence pût prendre part aux festins & aux divertissements de la cour ; qu'enfin Sa Majesté Impériale désirait que l'ambassadeur amenât deux Européens, instruits dans la langue chinoise, pour qu'ils pussent au besoin, traduire en chinois ou dans une langue européenne.

Quoiqu'il ne se trouvât point à Canton d'Européens qui entendissent parfaitement le chinois, on voulut cependant se conformer, autant qu'il serait possible, au vœu de l'empereur, & Son Excellence se détermina à proposer d'amener avec elle deux français, MM. Agie & de Guignes, & elle chargea Paonkéqua d'en informer le tsong-tou.

L'après-midi le pau-tchong-tsu, l'on-tcha-tsu & plusieurs mandarins allèrent visiter les pièces mécaniques destinées à l'empereur, avant qu'elle ne fussent emballées, ainsi que les autres objets précieux. De là ils vinrent faire leur compliment à l'ambassadeur de la réponse p1.023 favorable de Sa Majesté Impériale. Ils essayèrent ensuite, au nom du vice-roi, d'engager Son Excellence à hâter son départ, ne fut-ce même que d'un seul jour, afin de se trouver à Pe-king à l'époque qu'indiquait la lettre & qui paraissait être le dix janvier. Comme il y avait impossibilité réelle d'user d'une plus grande promptitude que celle que nous employions, Son Excellence se borna à assurer qu'elle partirait le 22. Les mandarins finirent par se contenter de cet engagement & prirent congé.

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