A. E. Van Braam houckgeest








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14 novembre.

Le lendemain 14, le mandarin nommé pour être notre troisième conducteur, parut accompagné de Paonkéqua, qui venait de la part du vice-roi, lire & vanter à l'ambassadeur, la réponse de l'empereur, & lui déclarer que par la suite on lui en donnerait une copie. Ayant déjà indiqué la substance de cette lettre, qui est dans son entier aux pièces justificatives, à la lettre E, j'éviterai ici une inutile répétition.

Ce mandarin conducteur, vint ensuite chez moi avec Paonkéqua, pour savoir quelles provisions nous seraient journellement nécessaires durant le voyage, afin qu'il pût donner en conséquence des ordres pour qu'elles se trouvassent préparées, & que nous ne manquassions de rien. Et comme cette journée était une de celles que les Chinois croient propices aux entreprises, l'on commença aussi à embarquer les présents destinés à Sa Majesté Impériale, à bord des barges de transport.

16 novembre.

Les subrécargues danois, suédois & espagnols donnèrent p1.024 successivement le 16, le 17 & le 18 novembre, des repas d'adieu à Son Excellence & à sa suite.

17 novembre.

Le 17 les mandarins, qui étaient nos deux premiers conducteurs, vinrent aussi complimenter l'ambassadeur & moi : ils étaient l'un & l'autre du grade du bouton bleu. Puis le soir du même jour, Paonkéqua m'annonça, de la part du tsong-tou, que Son Excellence & moi, nous recevrions le vingt, avec cérémonie dans la pagode de Honam, notre congé du vice-roi & des autres mandarins de la régence, & que l'on nous donnerait alors la copie de la lettre de Sa Majesté Impériale. Je communiquai tous les détails à Son Excellence.

18 novembre.

Le 18, les deux français, MM. Agie & de Guignes allèrent en ville se présenter devant le tsong-tou, pour lui donner quelques preuves de leur savoir dans la langue chinoise & ils y réussirent assez bien pour se faire agréer.

19 novembre.

Le 19, tous les présents volumineux, chargés sur six champanes, partirent le soir, sous l'escorte d'un mandarin principal à bouton blanc, & de trois autres mandarins à bouton doré, pour leur destination à Pe-king.

20 novembre.

Le jour fixé pour la cérémonie d'adieu étant arrivé, nous nous mîmes l'ambassadeur & moi dans un bâtiment de voyage. Nous attendîmes de l'autre côté de la rivière à Honam, l'arrivée du vice-roi p1.025 jusqu'à onze heures que nous descendîmes à terre. Nous trouvâmes encore dans la place, en avant de la pagode, des militaires sur deux files, comme à la première audience. La tente & toutes les autres dispositions étaient aussi les mêmes. Le tsong-tou & le reste des mandarins, parmi lesquels se trouvait seulement un autre hou-pou que celui de la première fois, nous attendaient également sur le chemin, nous reçurent affectueusement & nous menèrent à l'endroit destiné pour s'asseoir. Chacun ayant pris place, le tsong-tou nous fit dire combien il était fâché que le voyage à la cour ne pût pas être aussi agréable pour nous qu'il l'aurait désiré puisqu'il avait lieu dans la saison la plus froide de l'année. Qu'il avait pris soin de faire tout disposer pour que ce voyage nous fût aussi commode & aussi facile qu'il serait possible, & qu'il pensait que nous nous étions suffisamment pourvus d'habits fourrés, afin de nous garantir du froid. Nous fîmes remercier Sa Grandeur, par l'interprète, de ses témoignages de bonté, & quant au froid, nous répondîmes que nous y étions accoutumés dans notre propre pays, où les hivers étaient aussi rudes qu'ils pouvaient l'être à Pe-king.

Le tsong-tou s'enquit ensuite si nous étions prêts à partir, & d'après une réponse affirmative, il montra combien il en avait de joie.

Au même instant on présenta à la ronde de petites écuelles avec une très agréable soupe faite de la purée d'une petite espèce de pois, ensuite des tasses de thé. Puis le bruit d'un gomgom qui était à l'entrée de la pagode, fit que le vice-roi & les autres mandarins se levèrent ; nous suivîmes leur exemple. Ils se mirent à la droite p1.026 du chemin, & nous en prîmes la gauche, debout & faisant face les uns aux autres. Lorsque le cortège qui avançait fut près de nous, je vis que c'était la lettre de l'empereur que portaient huit coulis en livrée impériale, sur une espèce de brancard, devancé par vingt domestiques avec la même livrée. Il y avait aussi un autel portatif sur lequel était placé un vase où fumait de l'encens.

Au moment où la lettre de l'empereur, qui était dans un rouleau enveloppé de soie jaune, passa devant nous, tous les mandarins s'agenouillèrent ; nous imitâmes ce mouvement & nous ne nous relevâmes qu'avec eux. La lettre étant venue jusqu'à l'autel impérial, un mandarin prit l'étui ou rouleau qui la contenait, de dessus le petit brancard & le posa sur cet autel. Ensuite un mandarin d'un rang supérieur, alla prendre le rouleau sur l'autel, & après l'avoir élevé avec ses deux mains, il le remit au tsong-tou, qui fit ôter la couverture de soie & qui, tirant la lettre hors du rouleau, la fit passer à un mandarin d'un moindre rang. Celui-ci en fit lecture en la tenant élevée, & notre interprète nous en donna l'explication paragraphe par paragraphe.

L'ambassadeur & moi nous fûmes à genoux tant que dura cette lecture ; lorsqu'elle fut terminée, nous fîmes le salut d'honneur pour l'empereur, après lequel nous nous levâmes. Le vice-roi & les six autres mandarins vinrent nous féliciter & nous souhaiter le plus heureux succès & les bonnes grâces de Sa Majesté Impériale ; nous leur en marquâmes une vive sensibilité.

Le repas impérial nous fut offert. On le servit avec encore plus de magnificence que la première fois, & ce fut pour nous un p1.027 nouveau sujet de paraître reconnaissants. Le tsong-tou chargea ensuite deux mandarins de nous escorter au jardin de Losqua, de nous y faire une agréable réception & de nous engager à nous y divertir. Se tournant ensuite vers l'ambassadeur & vers moi, il nous dit qu'il voudrait bien nous accompagner au jardin, mais qu'il était sûr que sa présence serait plutôt gênante qu'agréable pour la compagnie qui y était rassemblée. Il prit donc congé de nous, en nous souhaitant un heureux voyage, ce que firent aussi les autres mandarins qui le suivirent, & qui nous dirent qu'ils désiraient que nous trouvassions Sa Majesté Impériale jouissant d'une parfaite santé. Après avoir rendu compliments pour compliments, nous suivîmes nos deux conducteurs au jardin de Losqua, où le dîner fut encore apporté comme le précédent, & où toutes les personnes de notre Direction & les négociants nous joignirent. On nous y donna un magnifique repas, durant lequel on exécuta des pièces de théâtre & l'on fit des sauts & des tours d'adresse. Il était cinq heures du soir lorsque nous regagnâmes notre Factorerie.

21 novembre.

Le lendemain, 21 novembre, à onze heures du matin, notre Conseil de commerce s'assembla, sous la présidence de l'ambassadeur. Ayant obtenu, d'après ma demande, de messieurs les directeurs de la Compagnie des Indes hollandaises, la permission de me démettre de mon emploi, parce que je voulais retourner dans ma patrie, j'installai avec tout l'appareil convenable le subrécargue R. J. Dozy dans ma place de chef ; d'autant qu'ayant complété le chargement des quatre vaisseaux, il n'y avait plus p1.028 qu'à mettre la dernière main à leurs expéditions, ce qui portrait être en mon absence, sans aucun inconvénient. Je pris donc congé du Conseil pour tout ce qui pouvait dépendre de mes fonctions de chef au service de la Compagnie des Indes hollandaises.

Cette formalité remplie, j'accompagnai l'ambassadeur pour aller prendre congé des représentants de toutes les nations étrangères. Le même jour le subrécargue qui venait de me remplacer, donna un dîner d'adieu à Son Excellence & aux personnes qui devaient faire le voyage de Pe-king ; une grande partie des Européens qui se trouvaient à Canton, y assistèrent. Dans le même temps on mettait à bord toutes les provisions & le gros bagage, afin que rien ne retardât notre départ le lendemain.

22 novembre.

Le 22 novembre de bonne heure, je fis embarquer nos lits & le reste des effets, & à midi & demie, l'ambassadeur quitta la Factorerie pour entrer dans un champane fait pour les voyages de plaisir. À l'instant de notre départ, Paonkéqua remit à Son Excellence, au nom du tsong-tou, la copie de la lettre impériale dans un étui couvert en soie jaune. Nous fûmes escortés par toutes les personnes attachées à la Compagnie hollandaise, & par le chef espagnol Agote, jusqu'à Fao-ti, ou les Jardins de Fleurs, endroit situé à une lieue (dix li) de la ville de Canton, & où nous trouvâmes tous les négociants hollandais & cinq des négociants chinois cohangistes. Nous nous y arrêtâmes pour donner aux autres barques le temps d'y arriver, & en attendant nous allâmes visiter plusieurs p1.029 jardins ou pépinières dans lesquels nous observâmes beaucoup de fleurs & d'arbrisseaux singuliers, dont la vue paya bien la faible peine que nous avions prise pour venir les examiner.

À deux heures nos messieurs de la Direction & les négociants prirent congé de nous & partirent pour retourner à Canton, après nous avoir souhaité un voyage prospère. Nous dînâmes au même endroit, puis chacun de nous alla occuper séparément son champane. À quatre heures nous partîmes. La flottille était de plus de trente bâtiments, dont la majeure partie étaient chargés des mandarins qui nous accompagnaient & de leur suite, car nous n'avions demandé que douze bâtiments pour l'ambassadeur & la sienne.

L'ambassade & toutes les personnes qui en dépendaient, consistaient dans les individus qui suivent, savoir :

M. Isaac Titsing, conseiller ordinaire de la Compagnie des Indes hollandaises, ambassadeur.

André Éverard Van Braam Houckgeest, ancien chef de la Direction de la Compagnie des Indes hollandaises à la Chine, second dans l'ambassade, avec commission d'ambassadeur en survivance.

Reinier Dozy, secrétaire d'ambassade.

J. H. Bletterman & J. A. Van Braam 1, membres du Conseil de commerce de la Direction hollandaise à la Chine, le premier comme médecin de l'ambassade ; le dernier pour accompagner la seconde personne de l'ambassade. p1.030

MM. Agie & de Guignes 2, tous les deux français, en qualité d'interprètes.

H. C. Petit-Pierre, mécanicien suisse.

Un secrétaire privé de l'ambassadeur.

Deux maîtres d'hôtel.

Un domestique européen.

Deux domestiques malais.

Enfin la garde du corps de l'ambassadeur, composée d'un sergent, un tambour, un fifre & neuf soldats.

Pour conducteurs nous avions trois mandarins de distinction. Le premier, appelé V'ong-ta-loyé, avait un bouton bleu-foncé & était versé dans les matières politiques. Le second, nommé Ming-ta-loyé avait le bouton bleu-transparent, & était militaire. Le troisième, appelé Sau-ta-loyé, avait un bouton blanc-transparent ; il était grand littérateur. Chacun d'eux avait sous ses ordres plusieurs mandarins inférieurs portant des boutons dorés. Le mandarin militaire était Tartare, & les deux autres étaient Chinois.

Il me semble plus naturel & plus utile de mettre, à partir de ce moment, mon récit en forme de journal, afin que chaque chose se trouvant classée dans l'ordre & à l'époque où je l'ai observée, je puisse éviter toute confusion.

p1.031 Après avoir quitté Faa-ti ou les pépinières, nous avons été dirigés pendant deux heures vers le sud, puis à l'ouest, & à la fin vers le nord-ouest. Nous avons passé, durant la nuit, la célèbre ville de Fo-chan (1) 3. dont nous n'avons pu conséquemment rien apercevoir. On y fait un aussi grand commerce qu'à Canton même, & son étendue est aussi vaste que celle de cette dernière ville.

23 novembre.

Le 23 novembre à huit heures du matin, nous avons passé devant Tsay-nam, lieu assez considérable, très agréablement situé le long de la rivière, & à neuf heures nous sommes arrivés à San-cheuye-hing-tauy placé à un quart d'heure de chemin de la ville de San-cheuye-chen (2). Nous nous sommes arrêtés à San-cheuye-hing-tauy pour y déjeuner & y prendre des provisions. Tandis que nos bâtiments passaient devant ce lieu, la garnison de San-cheuye-chen vint se ranger en parade sur la digue.

Je mis pied à terre, & apercevant la ville de San-cheuye-chen située à une petite distance du bord de l'eau & dans une vallée, j'ai dirigé vers elle ma promenade solitaire. Arrivé à la porte, un garde me donna à entendre que je n'y pouvais pas entrer. Mais lui faisant concevoir poliment, à mon tour, que je ne devais inspirer aucun sujet de crainte, je le pris par le bras & lui exprimant, par un p1.032 signe, qu'il m'accompagnerait, il y consentit. J'ai parcouru quelques rues, & j'ai même trouvé le palais des mandarins. Mais je n'ai pu le voir qu'en passant rapidement. Je suis, retourné, ensuite à mon bâtiment.

San-cheuye-chen vu soit au-dehors soit au-dedans, paraît un lieu très ancien ; les maisons y sont vieilles, décrépites & basses. La plupart d'entr'elles forment des boutiques fort communes, où l'on vend des comestibles ; & les rues quoique pavées de grandes pierres, sont en fort mauvais état. Quant à la situation de la ville, elle est assez agréable, entourée de champs de riz dont le sol est fécond. À environ une demi-lieue (cinq li) dans l'est de la ville, on voit, au milieu des prairies, sur une colline peu élevée, une tour octogone, à neuf étages ; genre assez commun parmi les édifices de la Chine.

Après avoir reçu des rafraîchissements & des provisions de table pour vingt-quatre heures, nous avons repris notre voyage à onze heures. Nous avons passé le soir le village Af-fauy-tsauy, situé le long de la rivière, & nous avons continué à voguer la plus grande partie de la nuit, tirés à la cordelle par quelques coulis, le long du rivage, attendu que le courant qui descend nous est absolument contraire.

24 novembre.

Un grand vent du nord a donné, beaucoup de travail, pour tirer nos barques ; & ce vent nous poussant d'ailleurs souvent sur l'un des bords, nous n'avons avancé qu'avec lenteur.

À l'occident était une longue chaîne de monts assez élevés, appelés Chac-cok-bu, sur la partie septentrionale de laquelle on a construit une tour qui a cinq étages.

p1.033 La rivière a ici, en général, peu de profondeur & beaucoup de bancs de sable ; son côté oriental est d'une terre argileuse, mêlée de lits ou couches sablonneuses. L'on cultive dans toute cette partie, une grande quantité de froment & d'autres grains ; mais l'élévation des terres les empêche d'être propres à la culture du riz. On voyait encore le long de la rivière, des traces des ravages qu'une inondation a causés au printemps dernier dans ce lieu, ainsi que dans plusieurs autres.

Vers le milieu du jour, nous avons passé le hameau Tay-in-tsan, qui n'est pas éloigné d'un corps-de-garde, dont les soldats se sont montrés à notre approche. Les environs de toutes les rivières fréquentées & de tous les chemins, ont dans l'étendue de l'empire de pareils corps-de-garde, placés à une lieue (dix li) de distance l'un de l'autre, & dont la garde ordinaire est de dix hommes & d'un officier.

On voit à la Chine, des champs entiers semés de blé noir ou sarrasin. Nous en avons remarqué aujourd'hui, où cette plante est chargée de fleurs, & où elle commence même à mûrir, ce que nous avions déjà observé hier. J'ai été d'autant plus étonné de voir croître ce grain, que je n'en avais jamais aperçu à Canton, que je ne soupçonnais même pas qu'il existât à la Chine, & que par conséquent j'étais encore plus loin de penser qu'on lui consacrât d'aussi grands espaces.

Les plantations de cannes à sucre sont aussi très nombreuses. Vers le soir nous sommes débarqués pour faire une promenade & visiter un p1.034 moulin à sucre qui était tout proche. Nous avons vu combien son exécution est simple.

Ce moulin a deux rouleaux ou billots de bois cylindriques, qui avec deux chaudières, complètent tout l'appareil de cette manufacture. La canne est pressurée en passant entre ces deux cylindres fort pesants, que mettent en mouvement deux buffles, au moyen d'un arbre à queue auquel ils sont attachés & qu'ils font tourner. Le jus qui découle du roseau sucré, est cuit dans les deux chaudières auxquels on a creusé des trous dans la terre. Comme l'on se sert, à Java, de moulins à sucre absolument semblables, il est très probable que ce sont les Chinois qui en ont introduit l'usage dans cette île ; d'autant que la plupart des moulins à sucre y appartiennent à des Chinois qui y emploient de leurs compatriotes.

Vers dix heures du soir, nous avons gagné la ville de Tsing-yun-chen (3), où nous nous sommes arrêtés une heure pour prendre des provisions. L'obscurité nous a empêchés d'y rien discerner. Nous avons voyagé ensuite pendant toute la nuit.

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