A. E. Van Braam houckgeest








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III. Vues des monuments de Canton.

Deux volumes renfermant cent dix dessins coloriés qui sont autant de vues des édifices & des monuments de l'immense ville de Canton.

Chaque dessin a dix-huit pouces de long sur treize pouces de hauteur.

Canton étant la seule ville où il soit permis aux étrangers d'aborder à la Chine, & ceux-ci n'ayant même la permission d'y paraître que durant quelques mois, chaque année, sans pouvoir sortir de l'enceinte du faubourg où ils sont comme relégués, ou pourrait dire, avec assez de vérité, que c'est par Canton seul que les Européens sont obligés de juger de la Chine entière.

C'est donc un puissant motif d'accorder un grand intérêt à une réunion de cent dix dessins qui offrent ce que cette ville a de plus remarquable, indépendamment de plusieurs autres dessins qui se trouvent compris dans la partie de la collection de M. Van Braam, où sont contenues les vues & les perspectives de la Chine, & dont je viens de parler.

Une ville d'une étonnante population, une ville devenue l'entrepôt de presque tout le commerce extérieur que font les Chinois, doit offrir à l'observation une multitude de choses curieuses dans tous les genres.

On y trouve un grand nombre de pagodes & de couvents qui présentent, avec leurs différents détails, ce que le délire a enfanté de plus bizarre & de plus monstrueux ; des palais servant de demeures aux chefs civils & militaires ; des monuments consacrés comme autant d'asiles aux malheureux de tous les genres, de tous les âges & des deux sexes ; des édifices employés à différentes branches de l'administration publique, des magasins de riz, de sel, un arsenal, &c., &c.

On peut, dans ces tableaux, étudier & comparer les costumes civils, militaires & religieux, les mœurs & les usages. On a par eux l'occasion de connaître plusieurs arts, les ressources qu'ils emploient & la manière dont le goût chinois les associe dans les divers genres d'architecture, dans la décoration, l'ornement & l'ameublement des édifices ou des monuments quelconques.

On trouve dans ces deux volumes, une foule de moyens de juger l'effet qu'a produit sur l'esprit chinois une réunion d'hommes qui surpasse peut-être celle des plus grandes cités de l'Europe ; & le philosophe & le moraliste peuvent y trouver plus d'un sujet de réflexion en voyant que l'homme, sur quelque point du globe qu'il habite, allie toujours dans sa conduite, dans ses conceptions, dans ses œuvres, les plus choquantes contradictions.

Quelques-uns de ces dessins montrent des exécutions. Le crime est donc aussi de tous les pays ; & l'on trouvera sans doute que la nécessité de le punir n'a pas été combinée à la Chine avec les principes que l'humanité dicte, même en faveur des plus grands coupables.

IV. Pagode Hauy-tsong-tsi.

Dans l'île d'Honan vis-à-vis Canton, avec les temples, le couvent, les bâtiments qui en dépendent, &c.

Ce volume renferme quarante-huit dessins de dix-huit pouces de long sur treize de haut.

On a voulu, par les détails nombreux qui y sont contenus, donner une idée exacte & complète de tout ce qui appartient à une pagode célèbre & qui semble faite pour intéresser l'Europe plus qu'aucune autre, parce que c'est dans son enceinte que l'ambassade anglaise du Lord Macartney a été reçue à Canton, & a eu une audience du tsong-tou, & que l'ambassade hollandaise qui a fourni l'occasion de l'ouvrage actuel, y a eu aussi plusieurs audiences de ce vice-roi 1.

Une vue pittoresque à vol d'oiseau montre l'ensemble de tous les édifices dont cette pagode est composée, & le surplus des dessins en fait voir divers détails & notamment des idoles très riches, des figures & des statues qui ont sûrement pour nous un caractère de nouveauté.

V. Mythologie.

Deux volumes contenant chacun cinquante dessins de dix-sept pouces de haut sur un pied de large.

Cette partie de la collection offre les figures de cent dieux ou déesses, ou de plusieurs personnages considérés comme les ministres, les exécuteurs ou les serviteurs d'un être tout-puissant, d'un dieu supérieur aux autres.

Parmi ces divinités, les éclairs, le tonnerre le vent, la pluie, les fontaines, le feu, les cuisiniers, les charpentiers ont le leur. On y trouve celles de la bonté, de la prospérité, du secret, de la fécondité, de l'immortalité ; un dieu qui protège contre l'injustice & contre la violence qu'elle fait employer ; un autre qui sauve du désespoir ; l'art de guérir a son Dieu, les médecins en ont un autre, & la mort a aussi le sien.

Dans cette réunion de tableaux qui peignent les travers & les faiblesses de l'esprit humain, en même temps qu'ils font surnager quelques idées qui honorent son jugement, l'observateur peut saisir des analogies, étudier les rapports prochains & éloignés de certains attributs, & se convaincre de la bizarrerie à laquelle l'imagination peut arriver quand elle a pris la superstition pour guide.

Ces dessins ont encore un mérite réel dans la richesse de leur coloris & dans le succès avec lequel le peintre a su représenter les habits sous lesquels les divinités sont montrées aux Chinois, par eux qui croient sans doute, que pour mieux commander le respect au vulgaire, l'or & l'argent qui sont aussi des divinités, doivent éclater sur elles, mêlées aux plus brillantes couleurs.

VI. Histoire.

Trois volumes contenant cent vingt-quatre dessins.

On peut y suivre la découverte ou plutôt l'invention successive des arts à la Chine. L'homme dans sa simplicité primitive, à demi-nu, exerce peu à peu son industrie, & avec elle il devient chasseur, pêcheur, il se construit des demeures qui le protègent contre l'intempérie des saisons. De l'usage même de ses moyens naturels, de son penchant pour la sociabilité naît la civilisation ; sa force, son intelligence s'accroissent par sa réunion avec d'autres hommes ; il est agriculteur, & après avoir défendu ses récoltes du ravage des animaux, il songe à en soumettre qui puissent l'aider dans ses travaux. L'on voit éclore ainsi les arts les plus grossiers, mais les plus utiles ; ceux-ci présagent dans un lointain, plus ou moins difficile à mesurer, les arts d'agrément ; & avec tant d'idées nouvelles naît le besoin de les exprimer, de les transmettre, qui amène enfin les efforts & les succès du génie.

En entrant dans ces détails inspirés par les dessins eux-mêmes, on n'a pas prétendu en donner une idée complète ; car cet aperçu appartient à l'histoire de tous les peuples, de toutes les nations, & celle de la Chine a des traits qui lui sont propres. Ils sont d'autant plus curieux à étudier dans ces cent vingt-quatre dessins, que ce sont autant de tableaux de dix-huit pouces de long sur quatorze de large, où un sujet est présenté embelli ou au moins accompagné de tout ce que le peintre a pu y ajouter d'accessoires intéressants : batailles terrestres, actions navales, campements, incendies, différentes autres scènes de destruction ; tout y a un caractère qui offre plus d'une chose à observer. L'exactitude du dessin, la fraîcheur du coloris, tout se réunit pour rendre le sujet plus attachant, & en architecture, en usages, en costumes, en ameublements, en productions des trois règnes, en aspects qui montrent une contrée peu connue, ces deux volumes fournissent des détails qui tous sont dignes d'éloges.

VII. Mœurs et usages.

Un volume contenant vingt-quatre dessins, de chacun dix-sept pouces de long sur treize de large.

On y a appliqué aux différentes époques de la vie, les circonstances qui appartiennent aux principaux rangs de la Chine, ou qui les caractérisent.

On peut donc y saisir les nuances successives depuis la naissance d'un enfant jusqu'à la mort d'un homme, avec les intermédiaires de l'éducation, de l'admission parmi les lettrés, des honneurs rendus aux mandarins, de la maladie, de la mort &c., &c.

Ces dessins sont coloriés comme tous ceux de la collection.

Deux volumes renfermant cent dessins de treize pouces de haut sur un peu plus de neuf pouces de large.

Ce sont autant de sujets coloriés qui représentent les hommes primitifs de la Chine ; les premiers empereurs & leurs femmes ; Confucius ; l'empereur Kien-long vers lequel l'ambassade a été envoyée ; l'impératrice son épouse ; des premiers ministres ; les mandarins de tous les rangs ; des candidats militaires qui s'exercent pour mériter d'être promus aux grades ; des soldats de toutes les armes ; des habitants des villes & des campagnes ; des comédiens ; des mendiants ; des bonzes & des bonzesses ; les divers individus qui forment le cortège des mandarins &c. &c.

La fin de ces deux volumes est composée de quinze dessins des différents genres de tortures & de supplices employés à la Chine & qui ont presque tous un caractère de cruauté qui afflige doublement, & parce qu'on a pu la croire nécessaire, & parce que le crime n'en est pas effrayé.

— Mœurs particulières du clergé.

Deux volumes contenant chacun cinquante dessins coloriés, de dix-sept pouces de long sur treize pouces de large.

Le premier de ces dessins représente l'introduction de l'idolâtrie à la Chine, & tout le reste sert de preuve aux prodigieux succès qu'elle y a obtenus. On peut, en suivant cette collection, voir tous les usages & les cérémonies du clergé chinois qui est composé des deux sexes.

Là, comme ailleurs, les mœurs du clergé qui, à proprement parler, en sont l'histoire, présentent des traits qui caractérisent la plus aveugle crédulité, entretenue & fortifiée par l'hypocrisie qui enseigne ce qu'elle ne croit pas ou par la superstition dont les ministres conseillent & prêchent, à leur tour, ce qu'elle leur a fait adopter.

La vraie philosophie ne peut s'empêcher de déplorer, & ces erreurs & l'absurdité du culte des idoles ; mais guérira-t-elle la raison humaine ?

— Jeux.

Un volume où sont trente-deux dessins de seize pouces de long sur treize pouces de large.

Ils représentent un pareil nombre de jeux où des Chinois s'amusent ou s'exercent, soit avec des cartes, soit autrement. On y reconnaît particulièrement ceux de la toupie, des petits palets, de la boule.

Tous ces dessins sont coloriés ; chacun d'eux a plusieurs personnages, & l'étude des mœurs & des costumes peut aussi en retirer quelque fruit.

VIII. Arts et métiers, agriculture, manufactures, beaux-arts, &c.

Deux volumes contenant chacun cinquante dessins coloriés, qui représentent différents arts & métiers de la Chine avec des personnages en action, & servant à caractériser encore chaque profession.

Cette partie de la collection, qui est très agréablement exécutée, fournit la connaissance de plusieurs outils, de divers ustensiles, & des formes qu'on leur donne, ainsi qu'à différents meubles. On en tire aussi des notions exactes sur les costumes, & elle indique des usages & quelquefois des traits du caractère chinois.

— Un volume contenant quarante-huit dessins de quinze pouces de long sur un pied de large. Savoir :

Douze dessins relatifs à la culture & à la préparation du riz.

Six dessins de la culture du cotonnier, de la préparation & de l'emploi du coton.

Six dessins qui montrent le mûrier, l'éducation du ver à soie, & la préparation de la belle substance que cet insecte produit.

Huit dessins qui présentent des détails de l'art de la porcelaine.

Quatre dessins où l'on voit des travaux relatifs à la poterie.

Et enfin douze dessins appartenant tous à la culture & à la récolte des différents thés.

Chaque dessin est un tableau où l'on voit en action un certain nombre d'individus des deux sexes ; mais ce qui rend cette partie de la collection encore plus intéressante, c'est qu'elle ne contient pas un seul dessin qui ne soit, en même temps, un paysage délicieux où le peintre a rassemblé, avec une vérité précieuse, tout ce que la Chine peut produire de plus agréable ou de plus frappant dans les sites, les montagnes, les rivières, les ruisseaux, les arbres, les fruits, les fleurs, les habitations, les instruments aratoires, leurs divers emplois.

Dans les procédés des arts c'est la même variété, la même instruction à trouver, par la vue de plusieurs machines & de différents outils ; en un mot, on ne peut examiner ces tableaux, tous dessinés, coloriés & nuancés avec un goût particulier, sans donner des éloges au pinceau qui les a produits, & qui a su encore mêler à plusieurs procédés utiles, des détails curieux sur les costumes & même des traits du caractère de certaines classes chinoises.

— Un volume contenant :

Deux dessins relatifs à la verrerie, de treize pouces de long sur onze de large.

Un pêcheur.

Deux dessins d'imprimerie. Quatre sur l'art de la porcelaine.

Ces sept sont de onze pouces de long sur treize pouces de large.

Onze dessins offrant des Jeux, parmi lesquels est la balançoire ; des faiseurs de tours d'adresse & de force ; une diseuse de bonne aventure, &c.

— Musique.

Un volume où sont trente-six dessins coloriés, représentant autant de femmes jouant les divers instruments de musique en usage à la Chine.

On peut tirer aussi de ce volume la connaissance de ces instruments, & des notions sur les costumes féminins.

Chaque dessin a seize pouces de haut & treize pouces de large.

— Bâtiments, vaisseaux, chaloupes, barques.

Deux volumes contenant chacun cinquante dessins de seize pouces de long sur treize pouces & demi de large, représentant des bâtiments de tous les genres, tels qu'on les emploie à la Chine dans les diverses branches de la navigation.

Ils sont tous peints & coloriés d'après nature, de manière qu'on peut juger de toutes les formes de l'architecture navale chinoise, depuis les vaisseaux de guerre jusqu'à la plus petite barque. Les embellissements extérieurs, les détails intérieurs, les combinaisons relatives à l'emploi des divers bâtiments, tout y est marqué.

On distingue donc le champane ou bâtiment de plaisir destiné à l'empereur, & que caractérise une espèce de dôme où sont peints des plumes de paon, & des dragons à cinq griffes, des autres champanes, depuis celui employé par le mandarin du premier rang ou par la courtisane qui le consacre au culte du plaisir, jusqu'à celui qui attend que le plus simple particulier veuille le louer.

On trouve dans cette collection les bâtiments de long cours, les barques côtières, les jonques, les yachts, les sapantins, les bâtiments de visite pour la douane, ceux qu'exigent la profondeur des différents fleuves ou rivières, soit pour voyager, soit pour transporter le sel, le riz, le coton, le thé, les fagots, l'huile, les pierres, &c. ; ceux où les marchands de divers genres étalent & promènent les objets dont ils veulent se défaire, & parmi lesquels on voit la boutique du boucher, celle du fleuriste, du fruitier, &c.

Les différentes espèces de barques de pêcheurs ; les coches d'eau ou passagers ; le bateau qui sert à l'éducation des canards & à l'incubation de leurs œufs, font partie de cette collection.



On y trouve aussi les trains ou radeaux qui conduisent le riz, le bois à brûler ou de construction ; des espèces de canots destinés à faire des courses rapides & qu'on emploie communément, à certaines époques lunaires, dans des défis où les marins cherchent à faire briller leurs talents & leurs forces, & à se devancer mutuellement.

Parmi ces bâtiments, les uns vont avec une ou plusieurs voiles, d'autres à la rame, d'autres enfin avec la pagaie ou pagaille. Ceux de défi sont de cette dernière espèce, & ont même jusqu'à vingt-six pagailleurs. Sur les rivières c'est quelquefois avec la cordelle & même avec des perches que l'on peut naviguer, comme le dit le voyage de l'ambassade hollandaise.

Indépendamment de la variété que les choses elles-mêmes produisent dans ces deux volumes, l'œil est charmé par le fini du dessin, par l'élégance & la délicatesse des détails, & l'observateur y trouve encore des notions sur les costumes, sur plusieurs usages, & notamment sur celui d'indiquer, par des signes convenus, la destination habituelle ou momentanée du bâtiment, ou le caractère des personnes qu'il transporte.

Enfin, lorsqu'on réfléchit qu'à la Chine plusieurs millions d'individus naissent & meurent sur des bâtiments, sans avoir jamais eu d'autre habitation que ces maisons flottantes, où des familles entières ont une existence en quelque sorte amphibie, on trouve un intérêt encore plus vif en considérant cette partie de la collection qui rappelle d'ailleurs ce que l'homme a tenté de plus audacieux.
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