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OPTIONS DU PROGRAMME DE CRIMINOLOGIE
DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL


Les cours se répartissent en trois options fondamentales qui sont :

1) Le contrôle de l'état dangereux

Cette option prépare l'étudiant au contact clinique avec des individus ou des groupes criminels, délinquants et pré-délinquants et lui assure la formation, les connaissances et les techniques nécessaires pour affronter et manier la conduite antisociale sous toutes ses formes.

2) L'organisation et la gestion des institutions de défense sociale

Cette option oriente l'étudiant vers des fonctions et des responsabilités administratives dans les services et les organismes intéressés au phénomène de la criminalité. Elle met l'accent sur la formation de directeurs et d'administrateurs de cadres, de hauts fonctionnaires, de coordonnateurs, etc.

3) La Politique criminelle

Cette option se fonde sur la nécessité de formuler et de renouveler [78] les principes, les lois et les normes capables d'assurer dans notre société la répression et la prévention de la criminalité. Elle concerne surtout l'élaboration et la mise en place de techniques efficaces de répression et de prévention du crime et vise à éclairer constamment l'action du législateur.

Une quatrième option, la criminalistique, sera organisée dans un proche avenir. L'étudiant fait son choix parmi elles dès son admission au département.

Ces options présupposent une propédeutique comprenant des cours dans les sciences humaines, sociales, juridiques et médicales. Cet enseignement de base se fonde en particulier, sur la psychologie sociale et clinique, la sociologie et la méthodologie de la recherche et couvre une moyenne d'environ deux cents heures de cours dans le programme de première année.

Chaque option se compose d'une première série de cours de formation criminologique générale, qui s'étendent sur les deux années du programme ; et d'une deuxième série qui vise une spécialisation criminologique particulière et qui se donne surtout au niveau de la deuxième année.

*
* *

Nous avons dressé un bilan sommaire de l'état actuel de l'enseignement criminologique dans les universités et nous nous sommes efforcés de dégager les tendances de son évolution. On peut affirmer qu'au quasi-monopole du droit auquel fut associé celui de la médecine (situation [79] européenne) a succédé le quasi-monopole du service social auquel fut associé celui de la sociologie (situation nord-américaine). Nous avons observé dans chacun des deux systèmes un regroupement de quelques éléments d'autres branches du savoir à titre de sciences auxiliaires.

Une conception nouvelle, radicalement interdisciplinaire, ce qui élimine la distinction entre discipline maîtresse et disciplines "auxiliaires", postule l'existence d'une criminologie autonome et la naissance d'une profession nouvelle. Il ne s'agit plus de vaines spéculations à cet égard : des institutions conçues dans cette perspective, basées sur ces postulats, fonctionnent et nous avons présenté, à titre d'exemple, le cas du Département de criminologie de l'Université de Montréal.

Il est beaucoup trop tôt pour pouvoir apprécier leur portée. L'analyse sociologique des résistances et des forces progressistes, tant dans les milieux universitaires que chez les praticiens, indique cependant que les principaux motifs de ces résistances à la création d'un enseignement criminologique autonome sont de la même nature que celles qui s'opposent à toute innovation quelle qu'elle soit. La crainte de l'inédit, la défense des intérêts particuliers font naître les arguments contestant le rôle possible, voire l'existence même, d'une nouvelle discipline autonome.

C'est ce qui nous fait sous-titrer ce texte "contribution à la sociologie de l'innovation". Nous jugeons en effet qu'il est nécessaire d'établir une stratégie inspirée par l'enseignement de la sociologie des innovations 95. Les arguments théoriques jouent le rôle des idéologies qui masquent des intérêts précis. Il faut donc agir sur ceux-ci suivant les données de chaque situation particulière, au lieu de ne répondre [80] qu'à ceux-là. C'est la leçon qui se dégage de l'expérience de Montréal, corroborée dans ses lignes essentielles par celle de Berkeley et vraisemblablement par celles d'autres centres évoluant dans le même sens.

______________________________
Note : Les pages 81 à 88 contenaient les notes de fin de chapitre. Celles-ci ont été transformées en notes de bas de bas de page. JMT.

[89]


CRIMINOLOGIE
Chapitre II
FACTEURS CRIMINOGÈNES

I - CONSTITUTIONS BIO-PSYCHIQUES

ÉLABORATION
DES PREMIÈRES THÉORIES SCIENTIFIQUES



Retour à la table des matières

Le crime est un phénomène observé en tous lieux et à toutes les époques. Chaque civilisation a tenté, à sa façon, d'apporter les remèdes les plus propices à le prévenir ou à le punir. La science moderne ne devait pas manquer cependant d'aborder ce phénomène par tous les moyens nouveaux de connaissance mis à la disposition des chercheurs.

À l'époque où les hommes de science s'attaquent à ce grave problème, la connaissance de l'homme subit une véritable révolution. DARWIN a établi que l'évolution s'inscrit progressivement, au niveau de l'espèce et non de l'individu ; celui-ci n'y joue qu'un rôle très effacé : c'est le déterminisme le plus absolu. La présence d'organes atrophiés chez des monstres, les observations recueillies chez certaines tribus, qu'on estime demeurées à un stade primitif de l'évolution humaine, constitueraient des preuves de cet avancé.

Dans ce courant d'idées vont éclore les premières théories scientifiques du crime, au milieu du siècle dernier. À cette époque, l'acte [90] criminel, encore imprégné d'un caractère légal et moral, est considéré comme une dégénérescence morale. Par ailleurs, les nouvelles théories évolutionnistes déclaraient retrouver à l'époque contemporaine des types d'individus, arrêtés dans leur développement à un degré primitif, qui régressaient physiquement. Comment, alors, ne pas prétendre qu'à la base de l'acte criminel, il y a dégénérescence morale conditionnée par une dégénérescence physique ? Cette théorie pose deux problèmes : celui, influencé par les théories darwinistes de l'époque, de la détérioration physique et celui de la relation entre dégénérescence physique et morale. De là à vouloir tenter un rapprochement entre ces deux transformations, il n'y avait qu'un pas. Les démarches de l'esprit entreprises à cette fin devaient donner naissance aux théories sur la constitution psychosomatique de l'individu.

On reprenait là une idée abordée notamment par les auteurs anciens, Aristote, Socrate, Sénèque ; la science de la physionomie connaissait de nouveau un regain de succès, comme, au Moyen âge, la chiromancie et l'occultisme. Ces théories devaient réapparaître et se préciser, sous un angle purement scientifique, en Italie, par les travaux de LOMBROSO.

Les thèses criminalistes de l'École Italienne

CESARE LOMBROSO (1835-1909), criminaliste italien, professeur de médecine légale à l'Université de Turin, a atteint la renommée par la publication de son livre : "L'uomo deliquente". Il y affirme l'origine atavique du criminel-né, et y inscrit comme arguments de base à sa thèse les innombrables stigmates anatomiques, physiologiques, [91] psychiques, relevés chez des criminels. Ils auraient appartenu, selon ce criminologiste, aux races primitives, bien qu'il les déclare impropres à l'humanité actuelle. La concomitance de ces empreintes déterminerait, toujours d'après cet auteur, le type d'une délinquance héritée. LOMBROSO utilisait la technique de la photographie composite pour illustrer un type de criminel.

Ultérieurement à cette thèse principale, LOMBROSO ajoutait les thèses complémentaires sur l'épilepsie et l'insanité mentale, considérées par lui comme des caractéristiques secondaires de l'atavisme. Dans sa classification détaillée des criminels, il a cependant reconnu que tous n'étaient pas des criminels-nés, formulant des catégories comme celle des "criminels passionnels" dans laquelle il incluait : les "criminels politiques" imbus d'un patriotisme excessif ; les "criminels malades mentaux", comprenant les alcooliques et les hystériques ; les "criminels occasionnels", victimes des facteurs environnants.

Comme le fait remarquer HAECKEL, les idées de LOMBROSO sur la criminalité héréditaire pourraient conduire directement, si la doctrine du darwinisme social était appliquée, à l'usage de la peine de mort sur une grande échelle, de façon à libérer l'espèce humaine de ses éléments malfaisants, par la sélection artificielle. Pourtant, la peine de mort ne devait être, selon LOMBROSO, que l'ultime moyen de réprimer le crime ; il favorisait plutôt les méthodes de réadaptation des criminels ; il défendait la théorie de la symbiose du crime, par laquelle la société utiliserait les aptitudes et qualités serviables des malfaiteurs.

[92]

LOMBROSO, dans des études d'après des données sélectionnées, en vint à conclure que le génie est lié à l'épilepsie. En 1880, il fonde 1!"Archivio di psichiatria, anthropologia criminale, e scienzo penali", pour répandre les vues de son école. Quoique prématurées, exagérées, et largement dépassées actuellement, les idées de LOMBROSO ont stimulé l'étude de l'anthropologie criminelle, et par leur approche positiviste ont joué un grand rôle dans la transformation de la péno-logie et du droit criminel, particulièrement quand elles ont été enrichies par les œuvres de FERRI et de GAROFALO.

En 1871, alors qu'il examinait le crâne d'un bandit célèbre, LOMBROSO constata des malformations ressemblant à certaines caractéristiques anthropoïdes. Ses recherches subséquentes devaient le conduire aux conclusions suivantes :

a) Le délinquant endurci doit sa carrière à son anatomie, à sa morphologie, à une constitution physique rappelant un état ancestral de l'espèce humaine, un certain stade antérieur dans l'évolution des catégories animales.

b) Le criminel-né est, par constitution physique, pervers et vicieux, incorrigible, inéducable et irrécupérable par la société.

c) Les anomalies morphologiques et fonctionnelles sont fréquemment de nature anormale et dégénératrice.

d) La criminalité est une des formes de l'épilepsie dans laquelle des instigations irrésistibles au crime remplace les convulsions.

e) Le criminel doit être considéré comme un primitif, un dégénéré, un fou moral, un neuro-psychopathe épileptique.

[93]

LACASS1GNE, un disciple lyonnais de LOMBROSO, résume ainsi les caractéristiques physiques du criminel-né :

- mâchoires proéminentes

- cheveux abondants et crépus

- barbe rare

- peau souvent brune et bistrée

- tête terminée en pointe

- yeux obliques

- crâne petit

- front fuyant

- muscles faibles.

Dans son rapprochement de l'homme préhistorique et du criminel-né, il note les observations suivantes :

a) les traits physiques de l'homme conditionnent largement son psychisme ;

b) le criminel est peu sensible au froid et très sensible à l'électricité, au contact des métaux, aux variations météorologiques ;

c) il est peu affecté par la souffrance, mais vivement troublé par la peur du danger, tel que la vue d'un poignard, l'annonce d'un prochain interrogatoire ;

d) il est très vaniteux, très peu galant et envie la richesse ;

e) il n'est pas intelligent, mais rusé, sans esprit inventif ;

f) il est anti-social, contrairement aux malades mentaux asociaux ou extra-sociaux.

D'autres chercheurs ont reproché à LOMBROSO d'avoir effectué des recherches incomplètes qui accordaient trop d'importance à la morphologie ; [94] d'avoir tiré des conclusions trop rapides et générales sur trop peu d'observations. En particulier, GABRIEL TARDE (1886), dans un volume intitulé : "La criminalité comparée", montre le caractère arbitraire et gratuit de l'assimilation du criminel-né au sauvage. (Selon lui, les études de LOMBROSO n'appuieraient nullement cette hypothèse). TARDE à développé de façon plus extensive la relation entre la structure physique et les caractères psychiques de même que les qualités morales du criminel. TARDE enlève à la thèse de LOMBROSO son caractère exclusif et fait appel davantage aux diverses connaissances de l'homme et de la société. À chaque groupe ethnique pratiquant une certaine activité professionnelle, à chaque groupe social, correspondrait, selon cet auteur, des habitudes musculaires et nerveuses identiques, nées de la routine même des membres ; les caractères physiques acquis se surajouteraient aux traits physiques innés. Certains caractères anatomiques de naissance, d'ordre exclusivement vital et nullement social, transmis par génération feraient partie également du signalement propre à chaque grande profession, sinon à chaque grande classe sociale. Ce ne serait pas sans raison que l'on dirait d'un homme qu'il a le physique de l'emploi. Si LOMBROSO avait pensé que son type criminel n'était qu'un type professionnel, il l'aurait moins souvent opposé à l'homme normal. Les critiques de TARDE n'excluent pas un rapport entre la constitution organique et le crime, mais cette relation n'en est pas une de cause à effet. Il aurait fallu, selon ce criminologue, comparer le criminel-né à d'autres catégories d'hommes. Pour résumer sa thèse : il y a correspondance entre la constitution criminelle et la constitution bio-psychique ; [95] mais une prédisposition organique ne conduit pas nécessairement à la criminalité.

D'après le criminologue romain DI TULLIO, il existe un facteur spécifique de la criminalité consistant en un ensemble de caractéristiques constitutionnelles particulières considérées comme indispensables au développement de phénomènes criminels et surtout de la criminalité grave. Ces prédispositions constitutionnelles à la délinquance sont dues à des caractéristiques physio-psychiques susceptibles de favoriser le développement de réactions criminelles. Comme il existe des constitutions plus ou moins exposées à la maladie, il existe des constitutions délinquantielles. Le terme délinquantiel implique un état de prédisposition spécifique au crime répondant à des excitations non agissantes sur les hommes ordinaires.

RÔLE DE L'HÉRÉDITÉ

Selon GUYENOT, l'hérédité c'est "l'ensemble des tendances, des aptitudes, des particularités bonnes ou mauvaises que chacun de nous reçoit de ses parents, au moment même de la conception, et qui constitue notre patrimoine héréditaire". Pour lui, l'avenir d'un enfant dépend de deux conditions : l'hérédité serait la première, l'éducation, la seconde. Le problème ici est de savoir quel rôle l'hérédité joue dans la genèse du crime. Or, pour pouvoir évaluer ce rôle, il faudrait être en mesure de l'isoler de tous les autres facteurs susceptibles d'avoir, en même temps que l'hérédité, une influence quelconque sur le sujet étudié. Parmi ces facteurs, l'importance de l'éducation apparaît évidente, de même que toutes les conditions externes du milieu.

[96]

Jusqu'à un certain point, on peut évaluer le patrimoine héréditaire d'un enfant nouveau-né. Cependant, on ne peut prédire son comportement à tel âge précis. Et quand, à l'âge adulte, on tente de déceler les influences héréditaires directes sur son comportement, les influences du milieu y sont tellement entrelacées que la certitude devient impossible. Cela n'empêche GUYENOT d'affirmer que : "les lois mendéliennes de l'hérédité ont une valeur si universelle, tant dans le monde végétal que dans le règne animal, qu'il ne peut subsister de doute sur la possibilité de les appliquer au cas de l'espèce humaine. Un grand nombre de faits montrent qu'il y a, chez l'homme, des caractères normaux et pathologiques transmis en effet, suivant les lois de l'hérédité alternative". À cette affirmation, GUYENOT lui-même ajoute une précision corrective, en notant qu'aucune observation sur l'homme ne présente les garanties d'une expérience de Génétique. Jamais les lois de l'hérédité n'auraient pu être déduites des études faites sur l'humanité ; leur connaissance nous est venue par ailleurs, et nous a permis d'en retrouver, dans les familles humaines, l'expression plus ou moins nette.

L'étude de l'hérédité chez l'espèce humaine ne va donc pas sans maintes difficultés. Du point de vue de ces particularités (couleur des poils, de l'iris, par exemple) sur lesquelles porte habituellement l'analyse génétique, il n'y a presqu'aucune race humaine pure. L'immense majorité des individus sont des hétérozygotes complexes, grâce aux innombrables croisements en tous sens que représente leur ascendance. Voilà une première difficulté.

[97]

Une deuxième difficulté apparaît. Pour les généticiens, l'étude des séries de générations n'a pas valeur d'expérience systématique : les unions humaines s'établissent sous des considérations toutes autres que scientifiques. Les croisements entre frères et sœurs (méthode primordiale en génétique) étant hors de question, seules les unions consanguines peuvent, dans quelques cas particuliers, apporter des documents précieux.

Une troisième difficulté vient de la faible fécondité moyenne de l'espèce. Défaut particulièrement grave dans une étude où la loi des grands nombres sert de base à toutes les interprétations. Cette difficulté s'accroît du fait que beaucoup de caractères héréditaires humains paraissent relever de l'action de multiples facteurs, précisément dans les cas où l'étendue de la descendance s'avère le plus nécessaire.

Cependant la documentation exceptionnellement intéressante fournie par l'étude des jumeaux vrais compense en partie le doute provoqué par ces diverses causes d'incertitude. Les jumeaux univitellins, issus d'une même conception, ayant par suite, même patrimoine héréditaire, présentent, en leurs caractères normaux ou pathologiques, des ressemblances stupéfiantes. On y lit la signature de la détermination génétique de ces particularités. L'histoire de l'hérédité chez l'homme est en grande partie fondée sur les observations relatives aux jumeaux vrais. Il n'existe pas de déterminisme absolu au niveau des gènes, mais plutôt des prédispositions transmises, constituant une réserve de potentialités. Celles-ci sous l'action de circonstances [98] propices, s'extérioriseront en des comportements physiques ou psychiques. Il est cependant acquis, aujourd'hui, que certains troubles organiques, comme ceux du mésencéphale, de la zone corticale, du lobe frontal, des glandes à sécrétion internes et externes, ont ou peuvent avoir des conséquences criminogènes.

Certains troubles organiques
et leurs conséquences criminogènes


Le mésencéphale ou cerveau moyen constitue le siège de la vie affective. Là se trouve le centre de toute la vie instinctive, de la vie émotive, et de la sentimentalité. Le mésencéphale est susceptible d'aberrations congénitales, acquises ou héréditaires. Souvent ces lésions sont dues à des causes toxiques ou infectieuses telles que l'alcool, la syphilis, la tuberculose.

La zone corticale (cortex ou enveloppe corticale) est la partie extérieure de toutes les circonvolutions du cerveau proprement dit ou télencéphale. Les travaux anatomiques révèlent, au fur et à mesure de la transition d'êtres humains moins évolués à d'autres qui le sont davantage, outre l'augmentation de la masse cérébrale, une plus grande extension en surface de l'enveloppe cérébrale et une différence plus marquée du lobe frontal.

Cette zone corticale est le siège de la concentration des fonctions psychiques qui recueillent et élaborent les instigations, pressions ou influences du monde extérieur, qui les associent, les évaluent et y répondent. À ce niveau, siège également la capacité de coordonner et de synthétiser le processus psychique, de dominer les instigations [99] internes et externes, aidant ainsi la conduite rationnelle à remplacer la conduite instinctive émotive. Les troubles du sens moral peuvent originer d'une lésion de la zone corticale.

Le lobe frontal constitue l'organe de la conscience. À son niveau s'accomplit le travail d'association et de synthèse essentiel à la fonction intellectuelle. Les altérations du lobe frontal sont souvent à l'origine de conduites délictueuses. Des traitements ou des opérations (la lobectomie, par exemple) corrige ces lésions.

Les glandes à sécrétion interne et externe ont également une grande importance dans la genèse biologique du crime. Les glandes à sécrétion externe influencent le tempérament et le caractère de l'individu.

D.L TULLIO a avancé que les dynamiques des crimes les plus graves ne pourront être parfaitement comprises que le jour où l'on connaîtra le véritable fonctionnement des glandes au moment du crime ; notamment les surrénales, les thyroïdiennes et les génitales sont susceptibles de provoquer de puissantes variations de la masse énergétique et, en conséquence, du volume d'agressivité de l'individu. Il convient donc toujours de rechercher l'équilibre du fonctionnement glandulaire d'un individu accusé d'un crime.

N.B. BERMAN, en comparant un groupe de 250 détenus du pénitencier de Sing-Sing à un groupe-contrôle, en est arrivé à la constatation de déséquilibres endocriniens trois fois plus élevés chez les premiers. Au moyen de 1'électroencéphalogramme, BERMAN aurait décelé des anomalies cérébrales chez la moitié des détenus examinés dans les prisons [100] américaines.

C. GORING, au moyen de corrélations très élaborées a voulu démontrer que la tendance au crime est héréditaire et que les conditions socio-culturelles importent peu. La criminalité de certains pères et de leurs fils (criminalité mesurée par le nombre d'emprisonnements se chiffrait par le coefficient de corrélation plus .60 ; il était à peu près le même pour d'autres facteurs réputés dus à l'hérédité, comme la stature, l'envergure, la longueur de l'avant-bras, la couleur des yeux, la tendance à la tuberculose, à la maladie mentale et au mutisme. Par la même technique, GORING a établi qu'entre frères, ce coefficient est de plus .45, approximativement le même que pour les autres traits physiques.

De telles corrélations pouvaient résulter tout aussi bien de l'hérédité que des facteurs socio-culturels. Devant cette constatation, GORING a pensé éliminer le facteur environnement en démontrant sa moindre importance. Par voie d'élimination, l'hérédité lui parut l'explication cherchée.

Sans analyser ici les principales démarches de GORING pour vérifier son hypothèse, il est possible de formuler quelques critiques à l'endroit de sa méthode.

a) Il a tenté de déterminer l'influence d'un élément résiduel, l'hérédité, en éliminant les facteurs socio-culturels ; pour le faire de façon adéquate, il aurait fallu mesurer exactement leur influence.

b) Huit facteurs socio-culturels seulement ont été considérés dans ses recherches. Or, il se peut que leur corrélation au crime ait été [101] basse, même si le milieu dans son ensemble était extrêmement important.

c) Ses comparaisons se sont limitées aux pères et fils, à la transmission de techniques d'un crime particulier, le vol.

d) Le transfert d'un enfant de son foyer à la prison, à. un âge assez jeune, n'en est pas un d'un milieu délinquant à un milieu non-délinquant, comme l'assure GORING.

e) GORING juge l'habileté mentale, telle qu'évaluée par l'entourage du sujet, non affectée par les facteurs socio-culturels. En conséquence, l'habileté mentale héritée devient plus importante qu'elle ne l'est en réalité.

f) Il a limité sa recherche à des hommes.

J. LANGE a étudié 30 paires de jumeaux : 13 paires d'univitellins et 17 paires de jumeaux ordinaires ; un jumeau de chacune des 30 paires était un criminel. Il a trouvé que dans tous les cas où l'un des jumeaux avait un dossier d'incarcération, 77% des frères jumeaux univitellins en avaient un, contre 12% seulement de jumeaux ordinaires. La similarité quant à la conduite criminelle était 6.4 fois plus grande chez les jumeaux univitellins.

En conclusion, SUTHERLAND déclare :

"These studies of twins are all subject to scepticism on two points. First, the number of cases of a particular class or type is very small, and a shift of one or two cases from a category to the other may produce a significant différence in the conclusions. Second, the classification of a particular pair of twins as identical [102] or fraternal is doubtful ; in many cases evidence as to the birth process is seldom available".

ANATOMIE ET CRIMINALITÉ

L'hypothèse de LOMBROSO, au point de départ de ses recherches, était la relation entre la structure anatomique et la criminalité. À sa suite, les chercheurs, au lieu de limiter leurs études aux seuls traits somatiques, y ont introduit des éléments psychiques, en rapport étroit avec des éléments biologiques. Leurs conclusions établissent que les corps malades sont régis par les mêmes lois que les corps sains. "Le criminel et le dégénéré ne sont ni physiquement ni psychiquement des types biologiques ; c'est pourquoi le criminel ne peut avoir un pavillon d'oreille qui lui soit propre" 96.

Rappelons ici les théories de certains auteurs dont l'apport fut essentiel à l'étude morpho-caractériologique.

E. KRETSCHMER, psychiatre allemand, a distingué trois types physiques principaux : le type leptosome ou asthénique, le type athlétique et le type pycnique, dont voici les principales caractéristiques :

Leptosome :

Aspect général

Assez grand, non développé en largeur ;

généralement peu doué en force physique ;

assez harmonieux

Visage et crâne

crâne petit, front fuyant ;

peau sèche ;

allongement du nez et raccourcissement du

maxillaire inférieur ;

d'où profil angulaire ;

face allongée et maigre
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